La Gazette

des Comores

Développement / Accélérer les progrès vers l’éradication de la pauvreté extrême

Développement / Accélérer les progrès vers l’éradication de la pauvreté extrême © : HZK-LGDC

La banque mondiale a lors d’un atelier au Golden Tulip présenté le document de diagnostic systématique et a établi le rapport sur l’évaluation de la pauvreté. C’est au cours d’une analyse rigoureuse que le document de diagnostic est réalisé afin d’identifier les principaux défis et opportunités pour accélérer le progrès vers l’éradication de la pauvreté extrême et la promotion de la prospérité partagée.


A en croire les représentants de la Banque Mondiale, les Comores figurent parmi les pays les plus pauvres. Les Comores qui se situent au 159e rang (sur 188) du classement de l’indice de développement humain de l’ONU en 2015, doivent surtout lutter contre la faim et la malnutrition.  Pour ce qui est du rapport, la Banque mondiale utilise des données des enquêtes EIM 2004 et EESIC 2014 pour établir un diagnostic solide de la pauvreté et des inégalités aux Comores et pour apporter de nouveaux éléments permettant de mieux orienter les politiques qui aspirent à les réduire.

Pour Razit Pertev, représentant résident pour les Comores en région Afrique, cet exercice est fait en consultation avec le gouvernement comorien. « Cet exercice doit nous permettre de voir et de savoir ce qui va et ce qui ne va pas afin de trouver là où il faut mettre l’accent », explique Razit Pertev. Selon lui, ce même exercice nécessite la contribution progressive des experts et une consultation accentuée au niveau national.

Quant à Nadia Belhaj Hassine, économiste principale de la Banque mondiale et experte ayant établi le rapport et le document du diagnostic, la pauvreté aux Comores ne cesse d’évoluer et ce rapport sert à faire une étude et projeter dans tous sens la solution afin de la réduire ou de la maintenir à un niveau stable. « La pauvreté aux Comores est localisée dans certaines zones géographiques et c’est ce problème qu’il faut essayer de réduire, d’homogénéiser le niveau de vie soit entre les villes soit entre les zones urbaines et rurales » indique l’économiste de la Banque Mondiale. 

« Malgré la baisse de la pauvreté au cours des 10 dernières années, la disparité entre le monde urbain et le monde rural ne cesse de s’intensifier avec le temps avec presque 70% des pauvres concentrés dans les zones rurales », a-t-elle révélé. Même au niveau des îles, le constat est fait. Anjouan et Mohéli enregistrent un taux considérable en pauvreté qu’à la Grande Comores. « Le problème c’est qu’Anjouan concentre un très grand nombre de personnes pauvres, comparé à Ngazidja et même à Mohéli où la densité de la population reste en général très faible », indique l’experte. Beaucoup d’informalité, économie moins développée permettant à la population des deux îles (Anjouan et Mohéli) de participer au marché de l’emploi en ayant des emplois productifs leur permettant de sortir de la pauvreté tels sont les arguments de cette experte.

Qu’en est-il de la diaspora ?

Son apport n’est pas négligeable. La diaspora contribue au développement économique du pays. « Le transfert de fonds de la diaspora a un impact positif et un impact négatif à la fois. D’un côté, elle aide les familles pauvres à maintenir un certain niveau de vie relativement décent, elle aide aussi à maintenir l’équilibre de la balance commerciale au niveau du pays, par contre elle a un effet à réduire les incitations à chercher des emplois productifs. On peut alors dire que la jeunesse repose tout l’espoir dans l’assistance de cette diaspora », s’indigne la même experte.

Par rapport aux autre pays de la région indianocéanique, l’incidence de la pauvreté est moins considérable. A en croire l’experte, le niveau de pauvreté des Comores est aussi plus faible que le reste du monde et des autres régions africaines. « Si on se met à comparer le niveau de pauvreté à des îles comme Maurice, Seychelles, la pauvreté est dix fois plus importante qu’aux Comores. Je pense que les Comores ont des atouts, avec une population jeune et éduquée qui peut leur permettre d’atteindre un niveau faible de pauvreté comme on est en train de l’observer au Zimbabwe et aux Seychelles qui sont des économies aussi bien sinon moins dotées qu’aux Comores s’il y a une intensification des bonnes politiques. Soit en termes d’accès aux services pour les populations pauvres, en améliorant l’infrastructure, en aidant le secteur privé à se développer à produire des emplois formels, l’économie des Comores pourrait atteindre un niveau meilleur que celui observé dans les îles voisines », explique-t-elle. 

Pour conclure Nadia Belhaj Hassine montre que le problème de cette économie n’est pas le chômage. Le souci de la participation au marché du travail reste néanmoins l’obstacle majeur. Les jeunes qui sont en phase de finir leurs études ne sont pas incités à chercher du travail parce que « les seules possibilités qui s’offrent à eux, soit d’être employé du gouvernement et des administrations publiques, soit de travailler dans le secteur informel ».

A.O Yazid

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.