Le mouvement Adrikini, principalement composé de femmes de Moroni, s’est réuni Place Badjanani ce samedi 18 janvier pour dénoncer la gestion catastrophique de la crise de l’eau et de l’électricité. Alors que la crise s’intensifie, Moroni, la capitale, sombre dans l’insalubrité, le mouvement appelle les autorités à prendre leurs responsabilités et exige des actions concrètes et immédiates pour mettre fin à cette situation insupportable.
Face à la paralysie que connaît le pays en raison des délestages et de la pénurie d’eau, les membres du collectif Adrikini se sont rassemblés ce samedi 18 janvier pour exiger des réponses et des solutions durables. Le cri d’alarme d’Adrikini résonne avec force, interpellant directement les autorités sur les promesses non tenues. « Le Président a affirmé avoir mobilisé tous les moyens possibles et débloqué des fonds pour acheter des moteurs afin de nous venir en aide. Alors, demandez où est passé cet argent », déclare avec insistance le mouvement.
Depuis des années, des milliards de francs comoriens sont annoncés pour résoudre ces problèmes structurels, mais les résultats tardent à se concrétiser. « Sonelec a sûrement ouvert un musée des vieux moteurs qui ne fonctionnent pas », ironise Mme Amina Abbas, présidente du mouvement Adrikini. Pendant ce temps, les citoyens, fatigués de promesses non tenues, observent impuissants la détérioration constante de leurs conditions de vie.
Les conséquences de cette crise sont palpables à travers tout le pays. À Mdé, de nombreuses petites entreprises, comme les ateliers de coiffure ou de soudure, luttent pour survivre. «L’électricité ne revient qu’à 1h du matin, ce qui rend presque impossible toute activité productive durant la journée », soulignant l’impact dévastateur sur l’économie locale et le quotidien des habitants.
Ces interruptions ne se limitent pas au secteur économique. Elles affectent aussi la vie quotidienne des citoyens. Les familles sont privées d’eau potable, les écoles doivent opérer dans des conditions précaires, et les structures de santé, déjà vulnérables, se voient contraintes de recourir à des solutions de fortune pour assurer leurs services essentiels.
La capitale Moroni incarne tristement l’ampleur de cette crise. « Moroni est devenue un dépotoir à ciel ouvert. Près du Zawiyani, des montagnes de déchets s’amoncellent sans être ramassées », déplore Adrikini. Cette accumulation d’ordures dans des espaces publics aggrave les conditions de vie des habitants et soulève des préoccupations sanitaires majeures, ajoutant un problème de santé publique à une situation déjà critique.
Malgré les efforts locaux pour atténuer ces crises, l’absence d’investissements significatifs dans des infrastructures modernes et adaptées continue de paralyser toute avancée. Face à cette situation, le ras-le-bol général de la population se fait de plus en plus entendre, avec une demande claire : des actions concrètes et immédiates pour répondre à ces besoins essentiels.
Pour Adrikini, cette situation soulève une question fondamentale : le développement des Comores est-il réellement une priorité ? « Quand on a présenté le Plan Comores Émergentes, était-ce pour élever le pays ou pour l’enfoncer davantage ? Nous demandons des réponses claires », s’indigne la présidente du mouvement, traduisant ainsi le sentiment d’incompréhension et de frustration qui habite une grande partie de la population.
Malgré les nombreux défis, le mouvement Adrikini reste porteur d’espoir et continue de croire en un avenir meilleur. Il exhorte les autorités à privilégier une gestion transparente des fonds publics et à investir dans des solutions durables. « Les Comores méritent un accès régulier à l’eau et à l’électricité, comme tout pays qui aspire véritablement au développement », souligne le collectif, déterminé à voir émerger des changements concrets et durables.
Cet appel s’adresse aussi aux citoyens, les invitant à rester mobilisés et vigilants face à l’inaction des autorités. La crise de l’eau et de l’électricité n’est pas seulement un problème technique. Elle reflète des choix politiques et économiques qui affectent directement le quotidien de milliers de Comoriens.
Alors que la pénurie persiste, souligne avec insistance que l’avenir des Comores repose sur les choix qui seront faits aujourd’hui. La modernisation des infrastructures, la gestion efficace des déchets et l’accès universel à l’eau et à l’électricité ne doivent pas être des privilèges, mais des droits fondamentaux pour chaque citoyen.
Le combat d’Adrikini est celui d’une nation déterminée à sortir de l’obscurité et à retrouver sa dignité. La question qui demeure : les autorités entendront-elles enfin cet appel urgent à l’action, ou continueront-elles à faire de ces crises un lourd héritage pour les générations futures ? Il est temps de choisir la voie du progrès et de l'équité pour garantir un avenir meilleur pour tous les Comoriens. Pour rappel, ce collectif de la société civile a vu le jour en 2015, sous le régime du président Ikililou Dhoinine.
Mohamed Ali Nasra
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