Les enseignants, toujours dans l'attente du versement de la compensation de mai 2017, refusent de remplir les bulletins scolaires des élèves tant que les autorités n'auront pas rempli leur part du contrat.
A l'approche de la fin de l'année, la tension monte. Les élèves craignent de passer une année blanche. « Nos parents sont les premiers responsables de cette situation ! », s'emporte Irchad Mohamed Hassane, un jeune issu de la coopérative du collège de Mboueni. Depuis le début de l'année, aucun bulletin scolaire ne leur a été délivré. « Une année entière sans compte rendu des travaux et de l'évolution de votre enfant en classe. Nous tous sommes concernés, du primaire au lycée et aucune manifestation quelconque de leur part. C'est vraiment regrettable !», s'est plaint Irchad.
Depuis décembre dernier, les enseignants réclament en vain le paiement de la compensation du mois de mai 2017. Malgré les protestations de l'intersyndicale et des responsables des établissements du public récemment, rien ne fait fléchir les autorités. Ces dernières avaient versé en avril, 64 millions à la trésorerie de Ngazidja sur une masse salariale insulaire de près de 300 millions de francs comoriens. Un montant « qui ne facilitait pas les choses» avait expliqué le chef de l’intersyndicale, Moussa Mfoungouliyé.
A l'approche de la fin de l'année, la tension monte. Mercredi, les élèves du lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni sont montés au créneau : aucun cours n'a été dispensé, les enseignants ayant été contraints de quitter l'établissement face à la grogne des élèves. Hier, le mouvement s’est élargi jusqu’aux collèges de Mboueni et de la Coulée. Le même mouvement promet d’élargir cette démarche dans les périphéries si d’ici là les parties n’aboutissent pas à un consensus favorable.
« Si aujourd’hui on a pris cette initiative, c’est pour protester contre le gouvernement », confient-ils. Conscients du risque d’une année blanche, les élèves du public appellent au changement de mentalités de toute part tout en reconnaissant les efforts fournis par leurs professeurs, qui n'ont jamais cessé de dispenser leurs cours. Joint par La Gazette des Comores/ Hzk presse, le directeur du collège rural de Mboueni, Youssouf Mzé Mbaba, a dit regretter cette situation.
« Certes les élèves avaient le droit de réagir mais c’est la forme qui n’est pas convenable. Un groupement d’élèves n’avait pas à se permettre d’entrer dans les établissements et arrêter les cours. Il y’a des coopératives et c’est à eux de prendre les décisions car on ne peut oublier que ces coopératives sont parmi les parties prenantes des administrations scolaires », explique Youssouf Mzé Mbaba. D’après le calendrier, l’année scolaire doit prendre fin le 28 juin 2018. Toutes les écoles devraient à cette date avoir terminé les examens du troisième trimestre.
Selon un arrêté ministériel, les conseils des classes doivent, normalement, avoir lieu du 25 au 28 juin 2018 et les examens de fin d’année démarrer le 30 juin 2018, avec le concours d’entrée en sixième. A cette date du 1er juin 2018, le spectre de l'année blanche pèse plus que jamais sur les élèves. « Si jamais une solution est trouvée, ce qui serait bien pour tout le monde et pour l’enseignement comorien, les autorités devraient mettre en place des structures pour éviter l’escalade », a confié un citoyen.
A.O Yazid
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