La Gazette

des Comores

Electricité: Un délestage qui ne dit pas son nom

Electricité: Un délestage qui ne dit pas son nom © : HZK-LGDC

Si ça n’a pas été annoncé officiellement, ça a l’air de l’être. Depuis quelques jours certains quartiers de la capitale vivent des heures sombres au figuré comme au sens propre. Sans crier garde les fameuses coupures semblent revenir comme une fatalité et réveille les vieux démons que les habitants de Moroni ont vécus tout au long du mois de Ramandan et les mois qui l’ont précédé. Est-ce le signe du retour au délestage, ou juste un passage à vide ?


Bien malin qui pourrait répondre à cette question, tant la SONELEC est un habitué des faits. Recruté en grande pompe après l’échec de son prédécesseur pour remettre en selle la grande malade du pays, le nouveau directeur de la Société nationale d’électricité semble lui aussi s’embourber dans une société qui est loin d’avoir trouvé le remède miracle pour sortir de presque quarante ans de crises répétitives. Après les échecs des changements de nom (EEDC, CEE, MAMWE et SONELEC), le gouvernement pensait (pense) que passer par la case recrutement pour le poste de directeur général aiderait à conjurer le sort en confiant le poste au candidat ayant le meilleur profil, plutôt qu’à un zélateur du régime auparavant.

Force est de constater qu’avec ce changement, la population a, du mal à sentir la différence entre ce qui était censé être l’ancien monde du nouveau. Même sur le plan du management, les coulisses de la maison vitrée parlent d’un certain mimétisme dans le model de gouvernance. « Il est plus répressif que constructif », nous a confié un vieux briscard de la maison. Et ce dernier de nous en dire plus : « Comme tous ses prédécesseurs, dès leur arrivée il y’a toujours un semblant de stabilisation au niveau de la distribution de l’électricité mais cela ne dure jamais assez longtemps. » Et ce dernier de continuer : « Et comme tous ceux qui sont passés avant à lui, pour montrer qu’ils sont au travail, ils s’en prennent aux employés à tort ou à raison par des licenciements ou des suspensions. » Et selon notre informateur, une douzaine d’employés sont déjà dans le carreau, soit suspendus soit carrément priés de plier bagages. Certains pour abandon de poste et d’autres pour des petits larcins comme le vol de gasoil.

Mais au-delà de ces problèmes strictement internes, le citoyen lambda se pose la question de savoir jusqu’à quand durera cette mise en scène écœurante. Le recrutement de ce nouveau directeur a été vendu à la population comme le remède miracle pour mettre fin aux coupures intempestives. Malheureusement rien ne semble changer, du moins jusqu’à ce jour. Malgré les moyens de plus en plus colossaux que l’Etat verse à cette société (plus de 24 milliards kmf en 10 ans), cette dernière ne semble pas vouloir décoller. En tout état de cause, cette situation serait mal vécue au plus haut sommet de l’Etat, qui commence à émettre des signaux d’impatience.

Imtiyaz


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