La Gazette

des Comores

Embouteillages à Moroni : Un quotidien devenu invivable

Embouteillages à Moroni :  Un quotidien devenu invivable © : HZK-LGDC

À Moroni, capitale des Comores, la circulation est devenue un véritable casse-tête. Chaque jour, les embouteillages paralysent les routes et empoisonnent la vie des familles, des travailleurs et des entrepreneurs. Aux heures de pointe, la ville se transforme en un vaste parking à ciel ouvert, perturbant profondément l’organisation quotidienne des parents, des élèves et des salariés. À travers quatre témoignages, nous avons recueilli les voix de citoyens directement touchés par ce fléau.


Faouzia Issimail, mère de cinq enfants, décrit un quotidien épuisant et sous tension. « Je me lève à 4 heures du matin pour tenter d’éviter les embouteillages. J’ai cinq enfants que je dois emmener à l’école avant d’aller travailler. Je les réveille à 5h30. Heureusement, ils sont assez grands pour faire leur toilette seuls. Je prépare le petit-déjeuner, je fais un peu de lessive et j’essaie d’avancer un maximum de tâches avant de partir. Malgré tous ces efforts, je suis souvent en retard et constamment stressée. Cela affecte aussi mon entourage. » Les professionnels du transport ne sont pas épargnés. Les taxis, pilier du transport urbain, passent désormais plus de temps bloqués dans les bouchons qu’à transporter des passagers. Ahmed Ahamada, taximan sur la ligne M’bashili–Moroni depuis dix ans, témoigne : « Les embouteillages se sont fortement aggravés ces dernières années. Je passe plus de temps à l’arrêt que sur la route. Je perds des clients et mes revenus ont diminué. C’est très frustrant. Mon véhicule s’use plus vite à cause des arrêts et redémarrages constants, ce qui m’oblige à faire des réparations plus fréquentes. C’est mauvais pour mon travail et pour mon gagne-pain. »

 

Ce problème touche désormais l’ensemble de la population de la Grande Comore, y compris les particuliers qui utilisent leur propre véhicule pour se rendre au travail. Saïd M’ze, propriétaire de voiture, n’en peut plus : « J’ai acheté ma voiture il y a cinq ans pour faciliter mes déplacements professionnels. Aujourd’hui, je passe près de deux heures par jour dans les bouchons. C’est du temps perdu et de l’argent gaspillé. Ma voiture s’abîme et je m’épuise mentalement. Si la situation ne s’améliore pas, je finirai par la vendre. » Les conséquences des embouteillages sont lourdes : perte de temps, fatigue chronique, stress permanent et, pour certains, menace directe sur l’emploi. Laïla Ali Omar, habitante de Moindzaza, redoute de perdre son travail : « Je travaille dans une entreprise qui utilise un système de pointage biométrique. Je dois être à mon poste à 8h30 précises.

 

Avec les embouteillages, c’est quasiment impossible. Je suis souvent en retard de 10 à 15 minutes, ce qui est comptabilisé comme une absence. Je risque le licenciement. C’est très stressant et profondément injuste, car je n’ai aucun contrôle sur la circulation. Malheureusement, mon employeur ne veut rien entendre. » Face à l’ampleur de la situation et à ses répercussions sociales et économiques, il devient urgent que les autorités prennent des mesures concrètes et immédiates pour améliorer la circulation à Moroni et soulager le quotidien des citoyens.

 

El-Aniou Fatima (stagiaire)

 


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