Depuis quelques jours, la Société Nationale d’Electricité des Comores (SONELEC) dit commencer des révisions des groupes de la centrale thermique de Voidjou. Mais selon le chef de la maintenance de cette dernière, SONELEC lui a promis des pièces mais elles ne sont toujours pas arrivées.
Depuis quelques jours, Moroni et ses environs vivent dans les délestages électriques et la société annonce des perturbations sur le réseau. Et cela est dû à la révision des centrales thermiques de la Société Nationale d’Electricité des Comores (SONELEC). Et cette dernière a avancé un délai de 45 jours pour procéder à la révision de la totalité des groupes électrogènes. Interrogé, le chef de la maintenance de la centrale de Voidjou dit ne pas savoir à quoi correspond le délai avancé. « Les groupes tournent en même temps et ils doivent être révisés en même temps. Mais on a pris des retards et c’est pourquoi nous sommes dans cette situation, affirme Bernard.
Pour la révision des groupes, si j ai les pièces à ma disposition, il me faut une semaine pour un moteur. Et SONELEC m’a promis des pièces mais elles ne sont pas là ». Selon un haut responsable de SONELEC qui suit le dossier, les pièces de maintenance sont attendues pour la mi-février. Pour la centrale thermique de Voidjou, certains moteurs doivent être révisés après 7000 heures et d’autres à 12 000 heures. Et Bernard n’a fait ni l’un ni l’autre. « Au début, on fournissait les pièces à Caterpillar et on faisait la maintenance par la suite. Mais actuellement, on n’a pas d’argent car on ne pouvait pas fournir des pièces à la Ma-mwé et pourtant ce que nous avons fourni, on n’a pas été payé », montre-il.
A la centrale de Voidjou, l’état des groupes est critique mais pas désespéré selon Bernard. Actuellement, c’est seulement quatre groupes qui tournent et deux qui sont à l’arrêt. Vu la vétusté des pièces, le chef de la maintenance de la centrale était obligé de réduire la puissance des groupes. En ce jour, la puissance des groupes tourne autour de 60 à 70%. « On devrait faire des maintenances et les échéances n’ont pas été respectées. Il ne faut pas attendre longtemps sinon on risque de tout casser et tout perdre », prévient-il, avant de préciser que « les moteurs peuvent tourner en pleine puissance mais ça risque de tout casser en 10 min. C’est pourquoi j’ai dit qu’au delà de certaines limites, cela devient compliqué ». Ce dernier appelle le gouvernement à budgétiser la maintenance et faire le travail correctement. Ces derniers temps, SONELEC ne cesse d’annoncer l’arrivée de 7 groupes neufs pour renforcer la production. « Tant que la maintenance ne se fait dans les délais requis, SONELEC serait dans les mêmes situations », insiste-t-il.
Au 31 décembre 2018, selon nos sources, l’ex-Ma-mwé devenue aujourd’hui SONELEC doit à la société AMP plus de 580 millions fc. Un récapitulatif financier complet des services qu’elle a fournis à la Ma-mwé depuis l’origine. Et Bernard a montré qu’un premier versement a été fait. « Un premier paiement à hauteur de 50% a été fait et j’attends la confirmation. Et cela fait suite à une rencontre que j’ai eu avec le secrétaire général du gouvernement vendredi dernier », avance Bernard. A l’issue de cette rencontre, les deux parties se sont entendus de prolonger le contrat de 3 mois afin de régler tous les contentieux et que tout redevienne normal au sein de la société. « Notre contrat arrive à terme. Mais actuellement la situation est un peu compliquée surtout avec les élections qui approchent. On s’est mis d’accord de régler tous les problèmes et faire un point après si on prolonge notre contrat ou pas », indique-t-il, avant d’ajouter que « s’ils veulent qu’on reste, on restera ». Mais selon nos dernières informations, le gouvernement comorien aurait pris contact avec une société malgache dénommée FRESE pour assurer la maintenance.
Au début du contrat, la société AMP s’était engagée à assurer la formation de certains cadres de la Ma-mwé dans le domaine de la maintenance. Prévu au mois d’octobre dernier, la formation a pris aussi du retard à cause de la dette. « Les retards de la révision des groupes et la formations sont tous liés à la dette de l’ancien Ma-mwé. Maintenant, je suis en train de préparer les courriers et la formation devrait se faire dans ces trois mois de prolongation mais je ne vais pas avancer de date », conclut-il.
Mohamed Youssouf
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