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des Comores

Energie Validation: du plan de formation du secteur de l'énergie 2025-2029

Energie Validation: du plan de formation du secteur de l'énergie 2025-2029 © : HZK-LGDC

L’émotion reste encore vive aux Comores après l’assassinat brutal de Hikma Ahamada Soilih à M’béni. Face à l’horreur du crime, une grande partie de la population réclame une justice exemplaire et relance un débat sensible : faut-il appliquer la peine de mort ? Dans un pays où cette peine est prévue par la loi mais rarement appliquée, la question divise.


Depuis l’annonce du crime, une onde de choc s’est propagée à travers le pays. Dans les rues, sur les réseaux sociaux et lors de rassemblements publics, un cri de colère s’élève : justice pour Hikma. Autorités religieuses, leaders politiques, membres de la société civile et diaspora se mobilisent, réclamant l’application stricte de la peine capitale. D’éminent juristes ont pris position sur la question. Me Fahmi Said Ibrahim, avocat au barreau de Moroni, rappelle que « la peine de mort existe dans notre législation et doit être appliquée, sous réserve d’un procès équitable garantissant tous les droits de la défense. » Il souligne que cette sanction est encore en vigueur dans certains pays démocratiques, comme les États-Unis, contrairement à la France où elle a été abolie. Me Ibrahim Ali Mzimba, député nouvellement élu de Mbadjini, partage cette opinion, convaincu que la peine de mort constitue un moyen de dissuasion efficace. D'autres avocats, comme Me Idrisse, appellent à une justice exemplaire pour marquer un tournant dans la lutte contre la criminalité.

Les leaders religieux ont également pris la parole. Le Grand Mufti des Comores, Aboubacar Abdillah Djamalillail, a fermement condamné ce crime, le qualifiant de « crime majeur » contraire aux principes de l’islam et aux valeurs comoriennes. Il invoque des textes religieux qui justifient l’application de la peine capitale pour les crimes les plus graves : « La seule récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager... sera d'être tués ou crucifiés... » (Al-Maidah, 33). Des figures influentes, comme Said Mohamed Said Harouna, insistent sur la nécessité d’appliquer la loi islamique pour préserver la stabilité du pays. Il rappelle que M’béni est la ville de l’ancien président Mohamed Taki Abdoulkarim, connu pour avoir fait appliquer les règles coraniques. De nombreux autres religieux, comme Mohamed Nour Abdoulbak, Hatube de la mosquée de M’béni, et Mougalide, prédicateur à Moroni, partagent cette opinion.

Les notables locaux et la diaspora, représentée par Mohamed Mkouboi, ont également apporté leur soutien à l’application de la peine capitale. Suivant cette dynamique, ils adhèrent eux aussi à cette mesure, estimant qu’elle pourrait constituer une solution durable pour lutter contre la criminalité. Lors d’une conférence de presse, le procureur Abdou Ismael a salué la patience des habitants de M’béni, tout en promettant une enquête rigoureuse. Cependant, Said Nassur, cadre de la SNPF, a rappelé sur les réseaux sociaux que « la patience a des limites », appelant à une justice rapide et équitable. Au-delà du drame, l’affaire Hikma Fundi Ahamada Soilih devient un symbole : celui d’une population en quête de sécurité et de justice. Reste à voir si cette tragédie marquera un tournant dans la lutte contre la criminalité aux Comores.

Ibnou M. Abdou


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