Réunis cette semaine à Moroni, le PNUD et l’ensemble des acteurs du secteur de l'énergie renouvelable décentralisée ont ouvert l’atelier national de validation et de diffusion des résultats de l’étude DREI Comores, consacrée au dérisquage des investissements dans le solaire PV avec batteries, les mini-réseaux et le marché diffus.
Au nom du ministre chargé de l’Énergie, le secrétaire général du ministère a planté le décor : accès inégal à l’électricité, qualité de service à consolider, dépendance coûteuse aux groupes diesel et vulnérabilité climatique accrue pour un État insulaire. « Le développement des énergies renouvelables, et singulièrement des solutions solaires décentralisées, n’est pas une option parmi d’autres, il constitue un impératif de souveraineté, de résilience et de développement économique », a-t-il déclaré. Le tournant, selon lui, est réglementaire. Le décret n°26-070/PR du 4 juin 2026 portant réglementation de l’autoproduction d’énergie renouvelable et organisation des mini-réseaux marque, pour la première fois, la reconnaissance officielle des différentes formes d’autoproduction, des Communautés d’Autoproduction et de Maîtrise de l’Énergie Renouvelable (CAMER), de la gestion technique déléguée, de l’injection et de la compensation des excédents, ainsi que de la certification des professionnels.
« L’adoption d’un cadre n’a de valeur que par sa mise en œuvre », a insisté le secrétaire général. Et c’est là tout l’intérêt de l’étude DREI, menée avec l’appui du PNUD et du Fonds pour l’Environnement Mondial dans le cadre du Programme Africain des Mini-Réseaux (AMP). Lancé aux Comores en mai 2024 et doté d’un financement de 1 669 863 dollars du FEM, ce programme couvre 21 pays africains et vise à garantir un approvisionnement fiable tout en encourageant une utilisation rationnelle de l’énergie. Par ailleurs, il doit valider le rapport final, clarifier le positionnement des CAMER comme modèle d’autoproduction collective, examiner la proposition PHARES - Comores et consolider une feuille de route 2026-2030 avec responsabilités partagées entre État, régulateur, SONELEC, collectivités et secteur privé.
La veille, la Représentante résidente du PNUD, Mme Vera Hakim, clôturait à Moroni la formation AFUR/AMP sur la régulation des mini-réseaux. Elle a salué un « partenariat solide » et insisté sur deux bénéficiaires directs : le secteur privé, qui a besoin de règles claires pour investir avec confiance, et l’Agence de Régulation de l’Énergie et de l’Eau (AREE), récemment créée, qui doit disposer d’outils tarifaires et techniques adaptés. « Le décret apporte le cadre légal, la formation renforce les compétences nécessaires pour sa mise en œuvre », a-t-elle résumé, rappelant que nous faisons partie des neuf pays africains formés à l’outil AFUR. Les attestations remises aux participants actent, selon le PNUD, l’engagement du pays à bâtir une expertise nationale grâce à ce cadre, aux outils et aux partenaires. Reste à transformer le dérisquage en projets concrets pour l’accès universel à une énergie durable et abordable.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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