Alors qu’ils attendaient calmement à l’entrée du ministère de l’éducation, pour exprimer au ministre Bacar Mvoulana leurs doléances concernant la grève des enseignants à l’université, certains étudiants ont été embarqués manu militari par les forces de l’ordre sans avoir pu discuter avec le ministre. Ces arrestations ont poussé leurs camarades à descendre dans la rue pour dénoncer l’indifférence des autorités face aux problèmes que traverse l’université, avant de demander la libération des détenus.
L’année académique 2025-2026 doit commencer le 1er octobre prochain selon la date fixée par le ministère de l’enseignement supérieur. Une date illusoire dans la mesure où les enseignants de l’Université n'ont pas effectué leur rentrée, et certains étudiants ne connaissent pas encore leurs résultats de fin d’année. Cette incertitude a poussé les étudiants le 16 septembre, à exprimer leurs inquiétudes au ministre Bacar Mvoulana. Tôt dans la matinée, ils ont fait le pied de gru aux portes du ministère de l’éducation nationale. Mais l’attente a tourné au pire quand les gendarmes ont procédé à des arrestations. Cette intervention des militaires a provoqué une vague de protestation des étudiants descendus dans la rue pour faire entendre leur cri de détresse devant la situation qui prévaut à l’université.
« Nous avons convenu de rencontrer le ministre de l’éducation pour parler du problème de nos résultats afin de trouver une solution. Certains d’entre nous se sont rendus tôt au ministère de l’éducation nationale dans cet objectif mais à notre grande surprise, nos camarades ont été arrêtés par les gendarmes. Ils n’avaient pas l’intention d’agir violemment. Mais plutôt d’obtenir des solutions. Nous avons le droit de manifester. Depuis le 11 juin, nos enseignants sont en grève et les autorités font la sourde oreille. Alors, on veut connaitre notre sort par rapport à la prochaine rentrée universitaire », a martelé un étudiant lors de leur descente dans la rue. Après avoir exprimé leur volonté de discuter avec le ministre de l’Enseignement supérieur, les étudiants se sont dirigés vers la gendarmerie.
« C’était très important de prendre la presse à témoin sur la situation qui prévaut à l’université depuis des mois. Tout le monde connaît le conflit entre les enseignants et l’administration universitaire. Cette crise ne nous avantage pas en tant qu’étudiants. Donc nous sommes venus discuter et trouver une solution. Et vous avez vu comment les étudiants sont traités lorsqu’ils veulent revendiquer leurs droits. Donc nous allons à la gendarmerie pour connaître également le sort de nos camarades », a déclaré un autre étudiant. Rappelons que sur les 9 composantes de l’université, deux ont délibéré sur les résultats de fin d’année. Les autres ont refusé de le faire jusqu’à ce jour, alors que l’administration a fixé une date de rentrée sans concertation avec les enseignants en grève. « C’est une faute du ministère de l’éducation. Car avant de fixer un calendrier, il faut consulter les enseignants. Ce sont les enseignants qui notifient au ministère, si les travaux sont clos. Et jusqu’alors les enseignants n’ont rien conclu », fustige Youssouf Boinaheri secrétaire général du syndicat national des enseignants (Sneuc). Ce dernier a également précisé : « Nous sommes toujours en grève. Et nous continuerons à résister face aux mépris du gouvernement ». Pour rappel, les enseignants en grève veulent le respect de leur statut à l’université, le paiement des mois d’arriérés, l’exigence d’un financement pérenne pour l’université.
Kamal Gamal
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