La Gazette

des Comores

Enseignement supérieur : Le SNEUC réclame la reprise du dialogue

Enseignement supérieur :  Le SNEUC réclame la reprise du dialogue © : HZK-LGDC

Le Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (SNEUC) a tenu, jeudi 8 octobre à Moroni, une conférence de presse pour alerter sur la crise qui perturbe l’université depuis le déclenchement de la grève le 5 septembre. Le syndicat affirme avoir multiplié les démarches auprès du rectorat et des autorités gouvernementales pour obtenir l’ouverture de négociations. Il demande désormais une intervention de l’État afin de trouver une issue au conflit et préserver l’année universitaire.


« Nous sommes à la recherche d’une solution », a déclaré Youssouf Boinaheri, secrétaire général du SNEUC, lors de cette rencontre avec la presse. Selon lui, le syndicat a entrepris depuis 2024 plusieurs démarches auprès des autorités compétentes afin de parvenir à un règlement par le dialogue. Des correspondances auraient notamment été adressées au rectorat et au ministère chargé de l’Enseignement supérieur. Après l’assemblée du 5 septembre, à l’origine de la poursuite du mouvement, le syndicat affirme avoir de nouveau tenté de rencontrer les responsables concernés. « Nous avons pris l’initiative d’aller discuter avec les responsables, en vain », a expliqué le secrétaire général. Il indique toutefois que des contacts téléphoniques avec le recteur et le ministre de l’Éducation avaient permis d’envisager une rencontre, sans qu’un véritable dialogue ne soit engagé depuis.

Pour le SNEUC, la situation affecte directement les étudiants. La poursuite de la grève entraîne, selon le syndicat, une perturbation des enseignements dans les différentes composantes de l’Université des Comores. Les parents sont ainsi appelés à prendre connaissance des démarches engagées par les enseignants et des raisons avancées pour expliquer la prolongation du mouvement. Le syndicat dénonce également les démarches entreprises par le rectorat dans les différentes composantes de l’université pendant la période de grève. Youssouf Boinaheri estime que cette démarche ne peut remplacer une négociation avec les représentants des enseignants. Le SNEUC demande plutôt que les différentes parties se retrouvent autour d’une même table.

Les conditions des enseignants contractuels constituent par ailleurs l’un des points soulevés lors de la conférence. Le docteur Anthoumani Moussa, enseignant à l’université depuis cinq ans selon ses déclarations, dénonce le passage de contrats pouvant atteindre douze mois à des contrats de trois mois renouvelés au semestre. Il affirme que les périodes de vacances ne sont pas rémunérées pour ces enseignants. Il conteste également le contenu des contrats de type CDI récemment proposés. Selon lui, ceux-ci ne reconnaîtraient pas clairement les intéressés comme enseignants et permettraient leur affectation à différents services de l’université. Une situation que les contractuels jugent incompatible avec leurs qualifications et leurs fonctions pédagogiques. À travers cette conférence, le SNEUC appelle donc le gouvernement à s’impliquer dans la recherche d’une solution. Le syndicat affirme ne pas demander l’acceptation automatique de ses revendications, mais leur examen autour d’une table de négociation. Il se dit toujours disponible pour le dialogue, alors que la grève se poursuit depuis plus d’un mois.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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