La Gazette

des Comores

Enseignement supérieur : Les enseignants contractuels dénoncent des diplômés « douteux »

Enseignement supérieur : Les enseignants contractuels dénoncent des diplômés « douteux » © : HZK-LGDC

Dans un communiqué des enseignants contractuels à l’université des Comores (UDC), dénoncent des pratiques « opaques » et « contraires » aux textes réglementaires sur le recrutement des enseignants. Ledit communiqué évoque une intégration « illégale » de certains enseignants dans le système universitaire avec des « diplômes douteux dont cinq obtenus à Madagascar et trois en France sans vérification, uniquement en raison de leur proximité avec certains responsables ». Les signataires réclament un appel à candidature transparent permettant à chaque enseignant de mériter sa place ou un gel correctif de la première session serait envisageable.


Un couac administratif frôle le dysfonctionnement du système universitaire dans un avenir proche. Les enseignants contractuels de l’université des Comores ont publié un communiqué remettant en cause la qualification de certains enseignants recrutés. « Il ressort que les informations transmises par les différentes composantes ne reflètent pas fidèlement la réalité du terrain. Suite au premier conseil scientifique, plusieurs problèmes ont été identifiés concernant le processus de recrutement des enseignants contractuels à l’UDC », fustigent-ils.

« Le recrutement aurait dû reposer sur des critères objectifs tels que l’ancienneté et le niveau de diplôme. Cependant, nous constatons de graves incohérences : d’anciens contractuels n’ont obtenu que deux à trois ans d’enseignement, tandis que de nouveaux enseignants se sont vu attribuer des volumes horaires correspondant à cinq ou six années, voire davantage », lit-on dans le communiqué. Les signataires le déplorent. « De telles pratiques sont contraires aux textes réglementaires de l’Université et aux lois en vigueur aux Comores. Nous, enseignants contractuels et permanents, dénonçons fermement ces méthodes injustes. Le fait que le conseil scientifique n’ait posé aucune question ni exigé de clarification démontre un favoritisme manifeste fondé sur les liens familiaux ou amicaux, en violation totale de la déontologie universitaire ».

Les contractuels ont également rappelé aux autorités l’illégitimité des chefs de composante depuis 2020. « Nous rappelons que les mandats des chefs de composante sont arrivés à échéance depuis 2020. À l’époque, ils avaient été nommés à titre provisoire pour six mois par le Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement, ancien ministre de l’Éducation. Depuis, aucune mise à jour institutionnelle n’a été effectuée. Ces responsables continuent pourtant d’exercer leur fonction sans légitimité, allant parfois jusqu’à intimider ceux qui osent remettre en question leurs décisions ». Et de solliciter : « un appel solennel au gouvernement et au Rectorat de l’UDC afin qu’ils mettent un terme à ces pratiques opaques. Le mérite et la compétence doivent être les seuls critères d’accès aux fonctions académiques. Nous demandons qu’un appel à candidature transparent et équitable soit lancé afin que chaque enseignant puisse avoir une chance basée sur le mérite ». Malgré l’espoir suscité par la nomination du recteur, les enseignants signataires du communiqué ont regretté que depuis cettenomination, « aucun changement n’a été apporté à ce niveau, ce qui contribue aux dysfonctionnements actuels. Nous estimons qu’un gel correctif de la première session pourrait être envisagé si aucune solution rapide et conforme aux règles n’est mise en œuvre ».

Kamal Gamal

 


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