La grève des enseignants continue à l’université des Comores. Les autorités n’ont encore fait aucun geste d’apaisement. Contacté par La Gazette des Comores, Youssouf Boinaheri, secrétaire général du syndicat national des enseignants (Sneuc) regrette toujours ce silence du gouvernement à quelques jours d’une rentrée hypothétique.
Jusqu’à lors le courant ne passe plus entre les enseignants et les autorités éducatives, plus particulièrement l’administration universitaire qui, jusqu’à ce jour, n’ont aucune stratégie visant à désamorcer la grève des enseignants qui secoue l’université depuis déjà cinq mois. Laissés pour compte, les enseignants maintiennent toujours le piquet de grève bien que leur quotidien devient de plus en plus difficile. Ils ont maintenant quatre mois sans salaire et les autorités continuent d’afficher leur indifférence face à leurs revendications.
« Nous sommes toujours en grève. Depuis, le gouvernement ne tente aucune stratégie d’entente avec nous. Ce n’est pas normal pour des enseignants de vivre comme des chômeurs de luxe avec des familles à nourrir. Honnêtement, j’ignore ce que les enseignants ont fait au bon Dieu pour mériter le déni de nos autorités. Les enseignants subissent une injustice politique dont les conséquences sont d’ordre social. En tout cas, nous continuerons toujours à résister face aux mépris du gouvernement », a regretté Youssouf Boinaheri, leader du Sneuc lors d’un entretien avec La Gazette des Comores. Notre interlocuteur a défendu une position qui ne convient ni au gouvernement ni aux syndicalistes. « Cette grève n’arrange pas le gouvernement qui a toujours besoin de nous, ni le syndicat qui espère toujours une réponse favorable du gouvernement. Et je pense qu’il est temps que le gouvernement trouve un terrain d’entente. Nous sommes prêts à coopérer ».
Dans cette situation, il faut se poser des questions sur le quotidien des enseignants qui ont quatre mois sans salaires tout en sachant que chaque enseignant a un foyer à nourrir. Déjà le fonctionnaire payé tous les mois peine à joindre les deux bouts, n’en parlons plus de celui qui compte plusieurs mois d’arriérés. Il faut ainsi rappeler pourquoi les enseignants sont en grève. D’abord ils souhaitent la fin de l’instabilité du statut des enseignants, la régularisation des salaires et le financement pérenne de l’université des Comores.
Kamal Gamal
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC