La Gazette

des Comores

Entrepreneuriat : Un Afterwork pour connecter la jeunesse

Entrepreneuriat :  Un Afterwork pour connecter la jeunesse © : HZK-LGDC

Le vendredi dernier des dizaines de bénéficiaires des trois îles ont accueilli simultanément un Afterwork dédié à l’entrepreneuriat dans le cadre du projet NGUZO MSHINDZI 2. Portée avec l’appui de l’AFD et de l’ACTIC/Comor’Lab, l’initiative avait pour but de favoriser les échanges, faciliter l’accès aux opportunités et connecter la jeunesse à l’écosystème entrepreneurial de l’archipel.


Une première dans le pays. Vendredi dernier, Ngazidja, Anjouan et Mohéli ont vibré à l’unisson. Dans le cadre du projet NGUZO MSHINDZI 2, financé par l’AFD à travers le programme Facilité Emploi 2 et porté avec l’appui technique de l’ACTIC / Comor’Lab, un Afterwork a été organisé simultanément dans l’ensemble des îles. Des dizaines de jeunes bénéficiaires ont rencontré des acteurs économiques, des institutions et des organisations d’appui. L’ambition : briser l’isolement et tisser des liens concrets entre la jeunesse et l’écosystème entrepreneurial. Placé sous le signe du réseautage et du partage, l’événement a réuni porteurs de projets et figures du monde économique local. A Ngazidja, les échanges ont porté sur les parcours professionnels, l’accès au financement et les défis de l’entrepreneuriat. Autour de la table, trois regards pour éclairer les jeunes sur les réalités du marché. A Anjouan, le débat s’est articulé autour de la microentreprise et des débouchés. Faysal Bacar, Fardi Habiroune et le représentant de Sowo la Hazi ont insisté sur la nécessité de formaliser, de bien gérer la trésorerie et de saisir les opportunités du tissu local. A Mohéli, la rencontre a mis en lumière les réalités de terrain. Au cœur des discussions, trois points ont été alloués dont résilience, accès au crédit, place des femmes dans l’entrepreneuriat et accompagnement de proximité.

 

Durant plusieurs heures, la parole a circulé librement. Questions directes, conseils pratiques, retours d’expérience. Les intervenants ont raconté leurs débuts, leurs erreurs, leurs relances. Les jeunes ont présenté leurs projets et leurs blocages. Pour Aïsha, bénéficiaire à Mohéli qui lance une activité agroalimentaire, la rencontre a changé la donne. « Avant, je pensais que la banque n’était pas pour moi. En parlant avec le représentant de la MECK, j’ai compris les conditions. J’ai aussi rencontré d’autres femmes entrepreneures. J’ai compris que je n’étais pas seule », a-t-elle déclaré.

A Anjouan, Youssouf, qui monte une microentreprise de services numériques, repart avec du concret. « Faysal Bacar nous a parlé de ses échecs au début. Ça rassure. Il a insisté sur la gestion et la patience. J’ai pris des contacts pour un futur partenariat », a-t-il souligné. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires d’identifier des opportunités et d’anticiper les défis. Financement, marchés, formation, mentorat. Rien n’a été éludé.

 

"Organisé simultanément dans les îles, cet Afterwork a constitué un véritable espace de rencontre, d’inspiration et de mise en réseau", souligne l’équipe du projet. Au-delà d’un événement, c’est une dynamique nationale qui se met en place. Cet Afterwork s’inscrit dans la stratégie de NGUZO MSHINDZI 2. Porté par l’AFD via la Facilité Emploi 2, avec l’appui de l’ACTIC / Comor’Lab, le projet ne se limite pas à la formation. Il mise sur l’accompagnement, la mise en relation et la création d’un écosystème solide.

 

L’entrepreneuriat ne se décrète pas. Il se construit. La maison de l’emploi, la MECK, Graphica, Sowo la Hazi, le Réseau des Femmes, tous ont un rôle à jouer. Et les jeunes doivent apprendre à frapper aux bonnes portes. Le plus important s’est joué dans les marges. Pour beaucoup, c’était la première fois d’échanger avec un directeur général adjoint, un chef d’entreprise ou un responsable financier. À la sortie, l’idée fait son chemin, ne plus travailler seul, mais s’appuyer sur les ressources de chaque île de l’archipel. La réussite de cette première édition pose les bases. L’ambition est de pérenniser le format. Dans un contexte où l’emploi formel reste rare, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi s’imposent comme des réponses pour la jeunesse du pays. NGUZO MSHINDZI 2 veut continuer à jouer ce rôle de connecteur. Rapprocher, informer, valoriser les parcours locaux.

 

El-Aniou Fatima

 

 

 


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