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des Comores

Entretien : Ibouroi Ali Tabibou : « consolider davantage l'Institution… »

Entretien :   Ibouroi Ali Tabibou : « consolider davantage l'Institution… » © : HZK-LGDC

Nommé entant que recteur de l’université des Comores, après 4 ans d’intérim à la tête de l’administration, Ibouroi Ali Tabibou s’engage à insuffler un vent de renouveau pour transformer l’institution en un pôle d’excellence académique et scientifique. Il a accepté de répondre à nos questions. Interview.


Question : À votre nomination, comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

 

I.A.T: Lorsque j'ai reçu la nouvelle de ma nomination en tant que recteur de l'université, j'ai ressenti un mélange de fierté et de grande responsabilité. C'était un moment chargé de défis, mais également plein d'espoir pour apporter des changements positifs et des réformes concrètes pour servir l'université, ses étudiants et tout son personnel. J'ai toujours cru que l'éducation est le pilier de l'avenir, et j'ai donc senti que cette opportunité pourrait me permettre d'accomplir l’impact positif que je recherche depuis des années.

 

Question : Maintenant que vous êtes confirmé dans vos fonctions, quels changements prioritaires envisagez-vous pour l'université ?

 

I.A.T: J'aspire à apporter un changement majeur dans la structure de l'université et dans son système de formation, afin d'améliorer la qualité de l'enseignement et de le relier aux besoins du marché local et mondial. Je considère qu'il est également essentiel d'améliorer les infrastructures de l'université et de renforcer l'environnement de la recherche scientifique, pour que l'université devienne un lieu d'excellence pour la science et l'innovation, en phase avec les évolutions rapides dans les domaines du savoir.

 

Je tiens à rappeler que le Chef de l’Etat a fait le choix de la confirmation pour lancer des projets de grande envergure, dont l'Ecole Doctorale dans lequel l'ouverture est imminente, la numérisation et l'interconnexion des sites universitaires, la transformation de l'Ecole de Médecine en Faculté de Médecine, etc. Nous continuerons dans cette dynamique. Nous savons que la matérialisation de ces grands projets transformera l'Université des Comores pour toujours. Nous avons déjà initié plusieurs projets importants, notamment la numérisation de l'université, l’établissement de partenariats avec des universités de la zone proche et du monde, ainsi que la promotion de la recherche, de la publication scientifique et bien d'autres projets vitaux. Ce que je compte apporter comme changement, ce sera de renforcer la gouvernance ; œuvrer à la stabilisation financière de notre Institution. Nous avons des efforts d'assainissement à accomplir, et puis à réaffirmer la prééminence de l'Administration centrale dans la gouvernance.

 

Question : Quel est votre projet prioritaire ?

 

I.A.T: Le projet prioritaire, sera de consolider davantage l'Institution, aujourd'hui que tous les organes sont en place. J'entreprendrai toutes les démarches nécessaires dès cette semaine pour faciliter la compréhension et l'appropriation des nouveaux textes en vigueur par l'ensemble des acteurs concernés, c'est à dire la Communauté universitaire. Je vais les impliquer davantage. Mon objectif est de faire comprendre que l'Université des Comores est notre œuvre commune, comme aime le rappeler le Chef de l'Etat. Le devoir de chacun est de contribuer à son développement. Je convoquerai tous les Chefs des Composantes de l'Université (ceux qui sont à Anjouan et Mohéli ce sera par visioconférence pour partager ma vision et communiquer mes orientations stratégiques. Cette nouvelle mandature, je la veux participative, inclusive. De grands projets entamés attendent d'être soutenus, accompagnés pour les faire aboutir. Aussi un des projets prioritaires est de développer des programmes d'études modernes qui répondent aux besoins actuels et qui allient théorie et pratique. Je travaillerai à améliorer les compétences du corps professoral par le biais d'ateliers de formation, et à renforcer les programmes de coopération avec des universités et des institutions internationales. Le projet vise à doter les étudiants des compétences pratiques et scientifiques dont ils ont besoin pour être compétitifs sur le marché du travail. Nous nous efforcerons également d'ouvrir la faculté de médecine en même temps que le cycle doctoral, tout en valorisant le corps enseignant.

 

Question : Quels succès avez-vous rencontrés lors de vos quatre années en tant qu’administrateur provisoire ?

 

I.A.T: Au cours des quatre années que j'ai passées dans l'administration, j'ai œuvré à l'amélioration de l'environnement de travail et à l'organisation de la structure administrative, qui est devenue plus efficace. J'ai également réalisé des avancées concrètes dans le système d'admission et des inscriptions, réduisant ainsi les encombrements dans les centres d'inscription. Nous avons aussi apporté un soutien académique aux étudiants et renforcé la communication entre eux et le corps enseignant et administratif. Nous avons permis aux étudiants de participer à des formations à l'étranger dans des pays arabes et même en France, ce qui a contribué à accroître leur satisfaction et à renforcer la position de l'université parmi les universités arabes. Le programme de mobilité de nos enseignants a atteint un plus haut niveau grâce au Projet FSPI-CRIT du SCAC de l’Ambassade de France et celui du DOCET4AFRICA financé par l’UE.

 

Question : L’université a été confrontée à des grèves. Quelles actions allez-vous entreprendre pour renforcer vos relations avec les enseignants ?

 

I.A.T: Je comprends bien que les grèves sont un signe de problèmes réels qui nécessitent des solutions de fond. Pendant mes 4 ans de mandature nous n’avons connu que 2 ou trois grèves conjoncturelles liées aux salaires et la dernière à la gouvernance. Toutes ces questions sont réglées. Au sujet des relations avec les enseignants, plus précisément avec les 9 Composantes de l'Université, le dialogue a toujours existé et l’on a beaucoup fait pour qu’elles restent maintenues, malgré certaines situations difficiles. L'on a toujours tenu à associer les enseignants, les Composantes aux réflexions et aux grandes décisions concernant l'Institution. Et l'on compte renforcer ce volet avec l’amélioration de notre Communication interne. Je m'engage à améliorer l'environnement et les conditions de travail en leur offrant le soutien nécessaire, qu'il s'agisse de ressources académiques ou de développement professionnel, dans le but de construire une relation de confiance fondée sur le respect mutuel et la volonté d'améliorer l'environnement éducatif.

 

Propos recueillis par Mohamed Ali Nasra

 

 

 

 


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