Le bureau exécutif du Parc national de Mohéli (PNM) s'est réuni mardi dernier à Fomboni, pour valider l'autorisation administrative du projet de réduction des émissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD+). Un projet qui sera mis en œuvre à Mohéli dès cette année 2022 pour protéger la forêt de l’île, déjà fortement dégradée.
Le mécanisme REDD+, visant la réduction des émissions de CO2 liées à la déforestation et à la dégradation des forêts constitue un levier et un outil important pour l’atténuation du changement climatique et la conservation des forêts. À Mohéli, le futur projet forme le socle des principales composantes des stratégies nationales pour le climat en collaboration avec les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la protection de la biodiversité.
L'île qui a déjà perdu plus de 60% de sa surface forestière entre 1950 et 2010 vient d'être classée comme réserve de biosphère mondiale par l'UNESCO. Un classement plein de promesses, mais malgré tout tardif puisqu'il ne reste que quelques 2 000 hectares de surface forestière intacte à Mohéli. Cette situation a certainement poussé le bureau exécutif du PNM à réagir afin de sauver ce qui peut encore être protégé.
Plusieurs facteurs expliquent cette déforestation accélérée à Mohéli. Parmi lesquels, les pratiques illégales dans les forêts comme les feux de brousse afin d’augmenter les surfaces agricoles, l'abattage des arbres pour la construction mais aussi pour l’obtention de bois de distillation d’ylang-ylang ou encore de cuisson domestique.
L’accroissement démographique sur Mohéli d’environ 2% par an, oblige effectivement les communautés à élargir les parcelles pour les cultures vivrières. Ces phénomènes ont des conséquences néfastes sur l'environnement de l'île puisqu’ils causent la perte d’habitat pour la biodiversité, avec des surfaces forestières qui subissent de plus en plus de pressions et dégradations. Ceci impactant directement le climat local et sa pluviométrie, le tarissement des rivières, et provoquant même parfois de dangereux glissements de terrain. Il en résulte un appauvrissement global des sols agricoles, une problématique trouvant un écho à l’échelle nationale puisque Mohéli est considéré comme le grenier des Comores.
L’objectif de la réunion était donc de valider l'autorisation administrative de mise en œuvre du projet REDD+. Un projet qui devrait voir le jour dans les prochains mois afin de protéger les ressources forestières en renforçant les outils de surveillance du Parc National de Mohéli, mais aussi d’impliquer les communautés dans la gestion et dans le développement de sources de revenus alternatifs. C'est un projet porté par le PNM en collaboration avec des structures internationales et locales.
« Si nous arrivons à redresser cette situation, les agriculteurs seront les premiers à être gagnants. Car ils auront de l'eau en permanence pour leurs cultures, les pluies seront régulières. Il est temps que chacun de nous prenne ses responsabilités pour le bien-être de tous et de nos descendants » dit Moussa Ben Anthoy du Parc National de Mohéli. Ce projet REDD+ est l’occasion de voir la forêt comme un levier, une ressource d’avenir, et non plus comme un bien consommable. Si en 60 ans Mohéli a perdu 60% de sa surface forestière, on est en droit de se demander ce qu’il restera dans 20 ans si rien n’est fait aujourd’hui.
Riwad
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