Dans la salle de conférence de la coopérative des pêcheurs à Iconi, un atelier participatif s’est tenu le 29 août dernier pour relier les savoirs des communautés locales et ceux des scientifiques de l’INRAP. L’objectif étant de restaurer l’écosystème du récif corallien qui est menacé par la surexploitation et les changements environnementaux et de cartographier les zones potentielles d'installation des pots à poulpe à Iconi.
Le formateur Moustarchid Bensoudjay, chef de départements de recherche océanographique et ressources halieutiques (DROH) de l'INRAPE et qui travaille en collaboration avec la direction générale des ressources halieutiques (DGRH), ayant conduit les travaux, a rappelé dès l’ouverture que « la santé du récif conditionne la survie de la pêche artisanale et l’équilibre du littoral. » Pour lui, sans corail vivant, c’est toute une chaîne de vie en mer qui se détruise. La formation a permis d'échanger avec les acteurs autour de plusieurs thématiques liés à l'exploitation et à la gestion durable des récifs coralliens d'Iconi. Les discussions ont notamment porté sur les connaissances empiriques liées à l'exploitation du récif, ainsi que sur le principe de cogestion des ressources marines. Une attention particulière a été accordée à l'importance de la restauration des récifs notamment à travers l'installation des pots pouvant contribuer au développement des ressources.
Les participants ont ensuite été invités à identifier les zones potentielles qui pourraient être favorables à la restauration en s'appuyant sur leurs connaissances du milieu. « Nous avons voulu que chacun se sente légitime à parler de ce qu’il connaît », explique Moustarchid Bensoudjay. « Les pêcheurs détiennent une mémoire plus que vivante de la mer, et nous sommes venus apporter que des outils d’analyse. » Ils ont retenu trois actions essentielles : sensibiliser les communautés locales à l’importance écologique et économique du récif corallien, former les nouveaux pêcheurs et les jeunes volontaires aux bonnes pratiques de préservation et élaborer un plan d’action participatif pour restaurer les zones dégradées. « Il ne s’agit pas seulement de constater les dégâts, mais de mettre en place des solutions », insiste Moustarchid Bensoudjay, qui souligne que « nous avons travaillé sur des gestes simples qui peuvent changer beaucoup de choses ».
À l'issue de l'atelier, des zones potentielles ont été proposées. Les échanges ont également permis de faire ressortir différentes mesures visant à améliorer l'exploitation durable du récifs d'Iconi. Parmi les principales propositions, figure la mise en place d'une période de repos biologique afin de favoriser le renouvellement des ressources halieutiques et organiser des campagnes de sensibilisation dans les écoles et quartiers d’Iconi. « Ces mesures ne sont pas des contraintes imposées de l’extérieur », souligne M. Bensoudjay, rappelant que « quand les pêcheurs eux-mêmes définissent les règles, ils deviennent les premiers garants de leur application. » Le formateur reste confiant avec beaucoup d’espoir, pour lui, la restauration du récif corallien est un long chantier. « Mais si nous restons unis, nous pouvons inverser la tendance et redonner vie à notre littoral. » conclut-il.
Aticki Ahmed Ismael
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