La Gazette

des Comores

Est-ce le moment d’alléger les mesures ?

Est-ce le moment d’alléger les mesures ? © : HZK-LGDC

Le président de la République pense que la menace est maitrisée pendant que le pays vient d’enregistrer 38 nouveaux cas positifs.


Du 14 au 20 décembre, sur 387 échantillons prélevés, 38 nouveaux cas positifs dont 26 à Mohéli, 4 à Anjouan et 8 à la Grande-comore, sont répertoriés. Sur les dix patients hospitalisés à la date du 20 décembre, au moins cinq sont en soins intensifs d’après une source du milieu hospitalier. Il y a quelques jours, la ministre de la santé avait invité le comité scientifique pour réfléchir sur les moyens de diagnostics des échantillons. Elle avait indexé la lenteur des prélèvements, des analyses des tests et du stock de réactifs disponible. « La question est de savoir pourquoi la ministre s'alarme maintenant ? Alors que depuis trois mois les sites de prise en charge sont fermés, plusieurs agents chargés des prélèvements sont suspendus, les moyens logistiques ne sont plus renouvelés dans les laboratoires et les réunions de la coordination nationale ne se font plus », s’interroge notre source.

 

Notre interlocuteur trouve que cette sourde oreille « n’a que trop duré », et ce malgré les rappels à l'ordre de certains partenaires techniques du ministère de la santé. Une chose est sûre, les responsables de la santé ne disent pas tout au chef de l’Etat. Car avant-hier, lundi 21 décembre, lors de son adresse à la Nation pour la levée des mesures, le président de la République semblait croire dur comme fer que la menace est maitrisée. « Dans notre pays, nous avons été alertés ces derniers jours, par quelques cas positifs signalés à Mwali mais fort heureusement, ils ont été gérés et maitrisés avec efficacité », s’est-il félicité.

 

A Mohéli en effet, la situation est loin d’être au beau fixe. Djoiezi, deuxième ville de l’île, et considérée comme le cluster de la recrudescence du coronavirus dans l’île, est placée en quarantaine depuis le 19 décembre. En réalité, il est tôt, trop tôt pour baisser la garde. Surtout dans un pays où la parole de l’autorité n’a aucune valeur. La preuve en est que les mosquées sont rouvertes avec comme conditions l’utilisation d’un tapis de prière individuel, la distanciation physique et le port « obligatoire » de masque. Mais force est de constater qu’aucune de ces mesures barrière n’est respectée, même quand le chef de l’État se trouve présent à la mosquée. Si on n’est pas parvenu à faire respecter les mesures ne serait-ce qu’une fois par semaine, le vendredi, difficile de croire qu’on parviendra à le faire tous les jours avec les festivités de mariage qui vont s’enchainer les unes sur les autres dans tout le pays.

 

Andjouza Abouheir

 


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