Le mois dernier s’est tenu le deuxième Congrès de l'Esthétique et du Bien-Être aux Comores. À l'initiative de cet événement, Farida Djalim, une passionnée qui a su transformer sa vision en un rendez-vous incontournable pour les professionnels de l'esthétique et du bien-être aux Comores. Dans cet entretien, elle revient sur son engagement pour valoriser le secteur, et les ambitions de cette deuxième édition qui intègre recherche, innovation et collaboration. Un échange inspirant avec une femme déterminée à placer l’esthétique et le bien-être au cœur de l’économie et du bien-être communautaire. Interview.
Question : Bonjour. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?
F.D : Bonjour ! Je suis Mme Farida Djalim, mère de deux garcons, âgée de 46 ans et esthéticienne de formation à l’Ecole supérieure de Vichy. Gérante de l’agence d’accueil et évenementiel « Secret de beauté » depuis dix ans maintenant, j’ai été la Présidente régionale de Synergie Jeune Océan indien au niveau national pendant quatre ans, et suis actuellement leur présidente d’honneur pour la plateforme Comores.
Question : Pourquoi un congrès de l'esthétique et de la coiffure ?
F.D : Les congrès de l’ésthétique existent partout dans le monde. Actuellement, nous en sommes au 53e congrès de l’esthétique, santé et bien-être au niveau international. Je me suis dit qu’il était temps pour moi d’organiser le premier congrès de l’esthétique et de la coiffure aux Comores. Le but étant de créer une co-dépendance entre les artisans de la beauté et les biocosmétiques, et surtout de valoriser les talents comoriens de ce secteur très souvent mis de côté et jamais mis en valeur.
Question : Quelle est la particularité de cette deuxièmee édition ?
F.D : C’est la recherche approfondie. Lors du congrès, on a accueilli l’Universal Technology de recherche approfondie, le laboratoire de Mme Soilha, la Faculté des Sciences ainsi que le Lycée français international Henri Matisse. On a voulu montrer qu’on peut aussi faire confiance aux produits fabriqués chez nous, aux Comores, toujours dans le but de pousser encore plus loin la réflexion avec, pourquoi pas, tout fabriquer chez nous et avoir notre propre Label. Cette deuxième édition a aussi été une vraie réussite grâce à l’implication des banques, avec une conférence débat sur l’inclusion financière animée par la Banque Centrale des Comores, que nous tenons à remercier chaleureusement.
Question : Comment ce congrès entend-il contribuer à l'évolution des métiers de l'esthétique et de la coiffure ?
F.D : Pour cette deuxième édition, on a accueilli les artisans et bio-cosmétiques de Ndzuani et Mwali, en plus de ceux de Ngazidja. Depuis l’année dernière, les institutions comme l’Ambassade de France, la Banque Centrale des Comores et l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANPI) nous accompagnent. C’est un signe d’espoir pour le secteur de la beauté car des subventions dans ce secteur commencent à venir. Gwagwa Coiffure est accompagné aujourd'hui par Expertise France pour son Centre de formation de Coiffure. On peut déjà dire que c’est un pas. Nous prévoyons également de nous rapprocher des banques pour établir une plateforme d’échanges et explorer des solutions permettant de mieux collaborer avec elles dans ce secteur, qui est souvent informel.
Question : Quels sont les défis que rencontrent les professionnels comoriens de ce domaine ?
F.D : Depuis la pandémie de Covid-19, de nombreux salons de beauté ont fait face à la faillite et éprouvent des difficultés à se redresser. Ils rencontrent également d'importants problèmes liés à l'approvisionnement en électricité et en eau, ce qui complique leur situation…
Question : Les hommes ont-ils leur place dans ce secteur aux Comores ?
F.D. : Les hommes occupent une place importante, notamment dans le domaine de la coiffure. Bien que beaucoup exercent dans l'informel, on peut estimer qu'il existe une centaine de petits salons de coiffure pour hommes. Ce secteur prometteur contribue significativement au développement du pays. Il faut maintenant mettre en place des solutions pour un suivi et un accompagnement adaptés.
Question : Un mot pour ceux et celles qui souhaitent évoluer dans le secteur de la beauté et du bien-être ?
F.D. : Le métier d'artisan de la beauté est une véritable source d'épanouissement. Il faut être passionné et persévérant si on veut devenir coiffeur ou esthéticienne. Si un artisan de la beauté réussit aux Comores, il peut reussir dans n’importe quel pays. J’encourage vraiment les jeunes à se lancer dans ces métiers car nous avons le pouvoir de rendre les gens heureux.
Propos recueillis par Sanaa Chouzour
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC