Les commerçants ont augmenté les prix des produits de première nécessité en représailles à l’augmentation des frais de douane. Le patronat n’en démord pas et menace de « frapper fort ».
Les prix des produits de première nécessité ont connu une hausse vertigineuse sur l’ensemble du territoire national ces derniers mois. Et pour cause, la hausse des frais de douanes à laquelle font face les commerçants. Une situation qui pousse les opérateurs économiques à réagir en répercutant cette hausse, sur leurs prix de vente en guise de riposte.
Le prix du carton d'ailes de poulet qui variait entre 8 500 KMF et 10 000 KMF, est désormais à 10 500 KMF. Le carton de maquereau est passé de 10 000 KMF à 11 000 KMF. Le kg de rognons qui coûtait 1000 KMF se vend à 1500 KMF. Le beurre végétal passe de 1000 KMF à 1500 KMF tandis que le plateau de 30 œufs se vend à 4 500 KMF au lieu de 3 000 KMF.
Et quand on demande le pourquoi cette hausse, la réponse des commerçants est la même : la douane est chère. « Aujourd’hui, chaque conteneur arrivé à la douane doit passer au scanner et le propriétaire doit payer 200 000 Fc. Nous ne sommes pas prêts à payer l’argent que le directeur de la douane a pris pour acheter ce scanner », s’insurge Mahamoud Ali Mohamed, le président de la Nouvelle OPACO.
Face à ces pratiques, le commerçant est obligé d’augmenter les prix. Mais il n’y a pas que le scanner nouvellement installé qui engendre des couts de dédouanement supplémentaires. Selon toujours le président de l’Opaco, la douane comorienne « continue de surestimer les valeurs de nos importations et les revoient en hausse ».
Il y a trois semaines, la Nouvelle OPACO, le MODEC, le SYNACO étaient reçus à la Présidence de la république pour parler de cette question de la flambée des prix. Devant les conseillers du président, ils ont évoqué les questions de surestimation et du scanner. « Jusqu’aujourd’hui, on n’a pas eu de réponse de leur part. On est obligés de nous protéger. Mais je peux vous dire que ce n’est que le début. On va frapper fort jusqu’à ce que le gouvernement nous prenne au sérieux », menace notre interlocuteur conscient que c’est le consommateur qui en pâtit.
Au niveau du gouvernement, face au constat alarmant et les cris des citoyens, le ministère de l’économie avait réuni le Week-end dernier la chambre d’agriculture, la chambre de commerce, la fédération comorienne des consommateurs, le ministère de la production, la direction de l’économie entre autres structures pour se pencher sur cette fâcheuse situation.
« La situation dans les marchés est insupportable. Il est impératif que tous les acteurs se réunissent pour trouver des situations concrètes à court, moyen et long terme », devait reconnaitre le secrétaire général dudit ministère. Les questions ont donc tourné autour de l’urgence actuelle, des mesures à prendre à quelques mois du Ramadan, de l’augmentation de la production agricole du pays entre autres.
Sur les moyen et long terme, il propose de multiplier les centrales d’achats de produits agricoles sur l’ensemble du territoire et d’inculquer la culture de la pesée. « Il faut que tous les produits agricoles soient pesés et pour y parvenir, l’autorité de l’État doit s’exercer. Par conséquent, il sera question de fixer des prix au kilogramme et exiger que les produits soient vendus ainsi. Généralement, ce sont les revendeurs qui spéculent sur les prix. Producteurs et revendeurs doivent désormais vendre au kilogramme », préconise le ministère.
Pour le directeur général de l’économie et du commerce, Abdou Nassur Madi, il propose l’importation massive de produits agricoles pour renflouer les marchés dans l’immédiat et fixer des prix à respecter. « Il s’agit d’un moyen efficace pour ramener les revendeurs à respecter les prix fixés par le gouvernement sans que les vendeurs arguent qu’il est question de leurs produits et qu’ils peuvent les vendre comme bon leur semble ». En attendant la suite de ces belles annonces, c’est le citoyen qui paie le prix fort de ce bras de fer.
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