Deux opérations menées vendredi 2 et samedi 3 octobre sur les côtes de Mohéli ont permis d’intercepter 73 migrants, dont 15 enfants. Transférés vers Moroni ce dimanche 4 octobre à bord du « Sopea », ils doivent être pris en charge par l’État avant leur éventuel rapatriement. Au-delà de la question migratoire, ces arrivées soulèvent également des préoccupations sanitaires.
La surveillance des côtes de Mohéli s’intensifie. En l’espace de deux jours, les autorités ont intercepté au total 73 migrants lors de deux opérations distinctes. La première intervention a eu lieu vendredi 2 octobre sur le littoral de Mboimadji, entre Kangani et Mlabanda. Un premier groupe de 27 personnes a été appréhendé dans la matinée avant d’être conduit à la brigade de gendarmerie de Wanani. Le lendemain, samedi 3 octobre, une seconde opération menée à Ouallah, dans la région de Mlédjélé, a permis d’intercepter 46 autres migrants, portant le bilan à 73 personnes. Après leur regroupement à Wanani, les migrants ont été conduits à Fomboni. Ils ont finalement été embarqués ce dimanche 4 octobre, en fin de journée, au port de Mbwagoma, à bord du bateau « Sopea », à destination de Moroni, malgré une mer particulièrement houleuse. Dans la capitale, ils doivent être pris en charge par l’État en attendant leur rapatriement vers leurs pays d’origine.
Ces interceptions soulèvent également des interrogations sur le plan sanitaire. Interrogé sur les éventuels risques liés à l’arrivée de ces migrants, Dr Hassanaly Abdoulanziz, coordinateur de l’équipe chargée de la prévention et de la riposte contre les maladies infectieuses à la Direction régionale de la santé (DRS), appelle à la vigilance. Le médecin met notamment en garde contre les maladies infectieuses susceptibles de circuler dans la région des Grands Lacs, d’où sont originaires une grande partie des personnes interceptées. Il cite notamment la maladie à virus Ebola et appelle au renforcement des dispositifs de surveillance et de contrôle sanitaire. Il déplore également ce qu’il considère comme une insuffisance du dispositif de garde-côtes et des forces de l’ordre chargées de surveiller les côtes. Il encourage le démantèlement de ce réseaux en traquant « les petits, les moyens et les gros poissons qui seraient éventuellement impliqués dans ce réseau » a-t- il sollicité.
Sur le plan médical, un officier de police a par ailleurs indiqué qu’une femme présentait des traces de brûlures, qui pourraient être liées, selon les premières constatations, aux jerricans d’essence sur lesquels elle aurait été assise durant le trajet. Une autre femme aurait été testée positive au paludisme. Ces informations doivent toutefois être confirmées par les services sanitaires compétents. La répartition communiquée fait état de 15 enfants, dont 10 filles et 5 garçons, âgés de 5 mois à 12 ans. Le groupe comprend également 27 hommes, âgés de 18 à 52 ans, et 31 femmes, âgées de 18 à 35 ans. Concernant les nationalités, 62 personnes sont originaires de la République démocratique du Congo, toutes de la province du Nord-Kivu, cinq sont de nationalité burundaise et six sont originaires de Somalie.
Présent sur le terrain du début à la fin des opérations, le procureur de la République, Élamine Mohamed Soueuf, a annoncé la poursuite des investigations afin d’identifier les personnes impliquées dans l’organisation de ces déplacements et de remonter aux éventuels réseaux et complices. « Ils vont tous retourner chez eux et les complices vont répondre devant la justice », a déclaré le procureur. Ces deux opérations mettent ainsi en lumière un double enjeu pour les autorités de Mohéli : renforcer la surveillance des côtes et assurer un suivi sanitaire approprié des personnes interceptées, dans un contexte régional marqué par la circulation de plusieurs maladies infectieuses.
Riwad
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