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des Comores

Formation en Chine : 21 jours d'immersion en Chine pour des professionnels africains

Formation en Chine :  21 jours d'immersion en Chine pour des professionnels africains © : HZK-LGDC

Pékin veut partager son modèle numérique. Depuis le 7 août, le Centre de conférences Huanghe Jingdu à Tiantongyuan accueille un séminaire de 21 jours sur la gestion numérique des médias audiovisuels. Cinq pays africains y participent, dont les Comores.


Ce n'est plus seulement des routes et des ponts. La coopération sino-africaine s'étend désormais aux studios, aux régies et aux serveurs. La Chine a ouvert le 7 août à Pékin un séminaire stratégique sur la transformation numérique de l'audiovisuel, destiné à des professionnels africains. Pendant trois semaines, ingénieurs du son, journalistes, directeurs de l'information, chefs de maintenance, animateurs et ingénieurs en communication venus du pays, de Centrafrique, de Côte d'Ivoire, de Mauritanie et de Maurice vont décortiquer le modèle chinois. Au programme on parle de politiques publiques, technologies d'ultra-haute définition, intelligence artificielle et nouveaux modèles économiques. La cérémonie d'ouverture a donné le ton, en présence de deux figures clés du secteur. Zhou Jihong, directrice générale de la coopération internationale de l'administration nationale de la radio et de la télévision (NRTA), et He Dongbo, directeur général adjoint de la CBIC, bras technique de la coopération audiovisuelle chinoise.

 

Dans son discours d'accueil, Zhou Jihong a inscrit cette formation dans une histoire longue. « Depuis longtemps, nous entretenons une tradition de sincérité et d'amitié. Dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), notre coopération s'est renforcée », a-t-elle rappelé. Pour Pékin, la radio et la télévision restent « un lien puissant pour rapprocher les cœurs et favoriser le dialogue entre nos civilisations ». Un rappel historique nécessaire. Depuis 2012, la NRTA a créé le Forum de coopération médiatique Chine-Afrique, qui a déjà tenu six éditions. Échanges de programmes, transferts techniques, formations. Le dispositif a servi de laboratoire à ce que la Chine appelle une communauté de destin audiovisuel. L'année 2026 n'a pas été choisie au hasard. Elle marque le début du 15e Plan quinquennal chinois, qui fait du passage à l'ultra-haute définition, de l'IA générative dans la production et de la régulation de l'audiovisuel en ligne ses priorités.

 

« Dans ce processus, nous sommes prêts à travailler main dans la main avec nos collègues africains pour explorer de nouvelles voies à l'ère numérique », a insisté Zhou Jihong. Elle en a profité pour lancer l'invitation officielle. La 7e session du Forum se tiendra à Pékin du 19 au 21 août prochains, avec 21 ministres et 12 vice-ministres africains attendus. Thème retenu. « Partager de nouvelles opportunités de développement, créer ensemble un nouvel avenir audiovisuel », autour de trois axes dont échanges populaires, développement commercial et jeunesse. Même son de cloche pour He Dongbo. « Bien que des milliers de kilomètres nous séparent, nos relations remontent à des temps très anciens », a-t-il déclaré. Pour lui, la transformation numérique est un défi commun. La mondialisation ne laisse le choix ni à la Chine ni à l'Afrique : il faut moderniser la radiodiffusion ou décrocher.

Cependant, le séminaire ne sera pas qu'une vitrine théorique à Pékin. C'est l'autre angle de cette formation. Les participants quitteront la capitale pour des visites de terrain à Changsha et Shaoshan, dans le Hunan, province considérée comme le laboratoire de l'innovation audiovisuelle chinoise, avec ses géants de la technologie et ses chaînes ultra-modernes. « Le numérique transforme le monde. Notre coopération ne se réduit pas à un transfert de technologie. Elle est un enrichissement mutuel des civilisations et un partage de bénéfices », a martelé He Dongbo, avant de conclure à l'adresse des séminaristes.  « Vous êtes les piliers du développement de vos médias nationaux. »

 

Pour les pays dont les médias publics peinent à achever leur transition numérique, l'enjeu est concret. Comment gérer une rédaction convergée avec peu de moyens ? Comment monétiser l'audiovisuel en ligne ? Comment former des techniciens à la maintenance d'équipements de plus en plus intelligents ? Autant de questions qui seront au cœur des ateliers. Au-delà de la technique, Pékin joue aussi une bataille d'influence douce. En formant les futurs décideurs des médias africains, la Chine exporte ses normes, ses équipements et son récit de la modernité numérique.

 

El-Aniou Fatima


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