Après cinq années d’activités, le projet Msomo na Hazi a clôturé son parcours avec un bilan dépassant ses objectifs initiaux. Lancé pour renforcer la formation professionnelle et favoriser l’insertion des jeunes, le programme a touché 14 247 bénéficiaires, soit 237% de la cible fixée.
Lancé pour renforcer la formation et l'insertion professionnelle, Msomo na Hazi a touché divers domaines, dont l’agriculture, la pêche, l’aviculture, la menuiserie, la couture et la mécanique, ainsi que la transformation des produits de la mer et restauration. L'objectif était de réduire le chômage des jeunes et de valoriser la production locale. Le 28 octobre dernier, le Palais du Peuple à Moroni a abrité la 6e et dernière session du comité de pilotage du projet. Une cérémonie de clôture, après cinq années d'activités sur l'ensemble de l'archipel. Le bilan présenté dépasse les attentes. Selon les chiffres officiels projetés en salle, 14 247 jeunes ont bénéficié d'au moins une activité du programme, soit un taux de réalisation de 237% par rapport à la cible initiale de 6 000 jeunes. Parmi ces bénéficiaires, 6 750 sont des jeunes femmes, ce qui représente 47% de l'effectif total. La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre de l'éducation nationale, de la représentante du bureau de l'Union Européenne à Moroni, du secrétaire général du ministère des finances, des partenaires, des représentants de la société civile et des bénéficiaires venus témoigner.
Au-delà des chiffres globaux, le projet a laissé des traces concrètes sur le terrain. Dix centres Sowo La Hazi ont été créés pour accueillir et orienter les jeunes. Trois services d'orientation et d'insertion professionnelle ont été installés dans les centres de formation technique. Neuf villages et trois coopératives d'artisans ont été accompagnés dans une dynamique d'économie sociale et solidaire, avec 60 jeunes porteurs de six projets d'entrepreneuriat. Les établissements publics de formation ont également été renforcés. L'Institut Universitaire de Technologie, l'École Nationale Technique Professionnelle, l'École Nationale de Pêche d'Anjouan et l'École Nationale de Formation Agricole et de Développement ont bénéficié de programmes de réhabilitation, de construction et d'équipements modernes. Plus de 500 formateurs et acteurs de l'insertion ont été formés à de nouveaux modules pédagogiques. L'apprentissage encadré, autre pilier du projet, a permis de structurer 7 métiers, de mobiliser 49 ateliers d'artisans et de former 341 apprentis directement chez les maîtres artisans. Parallèlement, 12 projets portés par des organisations de la société civile ont été subventionnés pour toucher les jeunes les plus éloignés de la formation classique.
Dans son allocution, la représentante de l'Union Européenne à Moroni, Elisabeth Rousset a insisté sur l'esprit du projet. « Une clôture ne signifie pas une fin, elle signifie un passage de relais. C'est un investissement d'espoir pour le pays, pour que la jeunesse trouve un emploi à son niveau en valorisant ses propres capacités. Que les enseignements portent leurs fruits au bénéfice du peuple comorien », a-t-elle déclaré. Pour le ministre de l'éducation nationale, Bacar Mvoulana, cette clôture ouvre en réalité un nouveau cycle. « Le 30 octobre prochain, le projet prendra officiellement fin, mais ce n'est pas une fin. Cela va continuer à fonctionner, ouvrir une page de continuité, un modèle à suivre », a affirmé Bacar Mvoulana, appelant à ce que les réalisations soient bénéfiques au service du peuple comorien.
Les témoignages des bénéficiaires ont donné de l'épaisseur à ces chiffres. Devant l'assemblée, Bacar Nassurdine a raconté son parcours. « Grâce à Msomo na Hazi, je suis devenu mon propre patron. J'ai ouvert une boutique de vente en ligne qui me fait aujourd'hui gagner ma vie. » Même tonalité pour le directeur général de l'école nationale de pêche d'Anjouan. « Avant, notre école était essentiellement théorique. Avec l'appui de Msomo na Hazi, nous sommes passés à la pratique, avec la réhabilitation des locaux, des équipements adaptés et le renforcement des capacités des fundi. » Avec comme devise « Transformons nos réalisations en héritage durable pour notre pays », Msomo na Hazi s'achève mais laisse un modèle d’insertion.
El-Aniou Fatima
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