Les sujets brulants entre Moroni et Paris ne manquaient pas, voilà qu’un nouveau front vient de s’ouvrir avec l’intention annoncée de la France d’installer une base militaire sur l’île comorienne de Mayotte. C’est donc une nouvelle passe d’arme qui commence et une tension diplomatique en perspective.
« Décider de militariser à outrance Mayotte n'est pas la réponse appropriée. C'est une réponse qui va à contre-sens de l'histoire de notre continent, l'Afrique, et qui risque d'exacerber les tensions déjà élevées dans l'île », a commenté le ministre de l’intérieur, Mahamoud Fakridine. Des propos rapportés par nos confrères de Mayotte la 1ere. Cette réaction du premier flic des Comores vient après les déclarations de Manuelle Valls sur la volonté de Paris d’implanter une nouvelle base militaire sur l’île comorienne de Mayotte. Interrogé par la députée Estelle Youssoufa, le ministre des Outre-mer dit partager l’opinion de la députée. Outre la question d’une nouvelle base navale au nord de Mayotte qui sera inscrite dans la loi-programme pour Mayotte, l’ancien premier ministre de François Hollande rajoute la nécessité de voir Mayotte intégrer pleinement la COI. « Il faut que Mayotte soit membre de la COI (commission de l’océan indien) »
Ce ministre français va même jusqu’à évoquer « des lignes rouges » devant être clairement identifiées dans la relation avec Moroni à propos de la prétendue souveraineté de la France sur Mayotte, cela en faisant fi du droit international comme la France continue à le faire depuis plus de 50 ans. « Des lignes rouges doivent clairement être signalées par rapport aux agissements de non reconnaissance de Mayotte comme un territoire français, des problématiques d’immigration, la volonté de déstabilisation dans le discours du président Azali », a conclu celui qui est considéré comme un rescapé de la politique française. Les déclarations incendiaires du ministre français ont en tout cas fait réagir les comoriens, classe politique et société civile comprises.
Nadia Tourqui une figure bien connue de la société civile a fustigé les propos de Valls comme reflétant les contradictions de son pays sur le droit international. « La déclaration de Manuel Valls est révélatrice des contradictions de la France, qui se présente comme défenseur du droit international au sujet de l’Ukraine alors que dans l’océan Indien, elle piétine le droit de l’archipel des Comores à la souveraineté et à l’intégrité de son territoire. » L’ancien porte-parole du gouvernement et actuel Conseiller spécial du chef de l’Etat en charge des affaires politiques, Houmed Msaidié n’a pas manqué lui aussi de mettre la France devant ses contradictions. « Comment se fait-il que la France continue de voguer à contre-courant de l’histoire ? Une base militaire à Mayotte ? Pour effacer 200 ans de non développement pour l’île ? Chido veut dire miroir et Valls vient de le briser », s’est-il exprimé sur son compte X anciennement Twitter. C’est donc le début d’une bataille qui doit avoir son point d’orgue, le sommet des chefs d’Etats de la COI prévu à Antananarivo en Avril prochain, ou surement Macron et Azali doivent se croiser.
Un peu plus tard dans l’après-midi du samedi 15 mars, le gouvernement comorien s’est exprimé via un communique du Ministère des affaires Etrangères, qui a dénoncé l’hostilité de l’approche française. « Le Gouvernement comorien dénonce la portée et la teneur d’une telle annonce, hostile et contraire au droit international, ainsi qu’aux engagements pris par l’Union des Comores et la République française, de privilégier le dialogue au contentieux qui les oppose sur cette Ile. » Et le communiqué de conclure « L’Union des Comores, qui s’apprête à célébrer le cinquantenaire d’une indépendance inachevée, appelle la France à renoncer à un tel projet, pour une résolution pacifique de la question de l’île comorienne de Mayotte. » Ailleurs, ce raidissement de la position française sur l’île de Mayotte aurait été considéré comme une déclaration de guerre. Si aux Comores on n’en est pas là, car n’ayant pas les moyens de faire face à une puissance comme la France, une réponse diplomatique sans ambages doit être apportée du coté de Moroni. Sous quelle forme ? Celle-ci appartient aux autorités avant que le pays ne soit mis sur le fait accompli par l’ancienne puissance coloniale.
Imtiyaz
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