Comme à l’accoutumée, la fête du travail a été célébrée hier lundi 1er mai à Moroni. Cette journée est l’occasion de rompre avec la résignation et de réclamer les droits de tous salariés. C’était l’occasion aussi de dénoncer l’opération Wuambushu visant à expulser les comoriens des trois iles considérés comme des sans papiers à Mayotte.
A l’instar de tous les pays du monde, les Comores ont célébré la journée internationale du travail ce 1er mai. À l’occasion, une centaine de personnes ont battu le pavé de la place Karthala à la place de l’Indépendance. Des pancartes et des banderoles, au rythme des chants traditionnels, ont clamé plus de “justice sociale”. Dans la foulée, la situation qui prévaut sur l’île comorienne de Mayotte s’est invitée à cette marche. D’emblée, la représentante du Synaf Toirfiat Aboubacar a haussé le ton. « Ce jour est très important pour les travailleurs afin de réclamer les droits longtemps bafoués par ceux qui gouvernent. Le travailleur n’est pas un esclave. Il a le droit à un congé. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas chez nous. Aujourd’hui on part à la retraite sans pour entant bénéficier de nos droits, ni avancement. Il nous faut encore les bras long pour en bénéficier. L’unification des administrations régionales ne nous aide pas », a-t-elle décrié.
Les travailleurs vivent dans une situation précaire depuis près de 4 ans, marquée par la cherté de la vie, le chômage, la confiscation des libertés démocratiques, les jeunes et retraités laissés pour compte. Face à cette conjoncture, le gouvernement comorien n'a adopté aucun plan d'urgence pour endiguer les effets pervers de la crise économiques que subit la population. Andjib Ali Said, porte parole du collectif des retraités, est revenu sur la situation précaire des retraités, qui sont toujours en attente de la revalorisation de leurs pensions, qui reste aujourd’hui maigre. « Les jeunes devront défendre leurs droits. Vous devez vous battre pour des réformes car nous avons des textes obsolètes datant de 1963 », a-t-il martelé.
Présent à cette marche, le président du Comité Maore Me Aticki Ismael a dénoncé l’opération Wuambushu visant à expulser les comoriens des trois Iles à Mayotte. Il a loué l'acte posé par le gouverneur d'Anjouan, qui a signé un arrêté s’opposant clairement aux déplacements forcés de la population comorienne, et en disant non à ce crime contre l’humanité. « Nous réitérons notre demande au Gouvernement comorien d'abroger sans délai l'accord cadre de partenariat renouvelé avec la France signé le 22 juillet 2019 et de s'opposer fermement à tout acte de déplacement forcé de population entre nos îles. Nous rappelons au Gouvernement les recommandations formulées sur la question de Mayotte lors des Assises nationales de 2018, notamment celle relative à la mise en place d'une structure appropriée qui se chargera de porter notre cause devant la Cour pénale internationale et traduire par devant cette auguste Cour Macron et Darmanin, de porter la cause devant le Haut-commissariat aux Droit de l'Homme à Genève et devant les instances de l'Union Africaine », souligne-t-il.
Andjouza Abouheir
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