Des élus de la nation, des syndicalistes, des jeunes à la recherche d’emploi, des dockers, des fonctionnaires, des représentants du patronat et du Modec, la société civile et les sociétés d’Etat ont pris part à la traditionnelle marche du 1er mai.
Depuis la place Karthala jusque sur la place de l’Indépendance, tous scandaient le même slogan : « Respectez les droits des travailleurs ». « Sauvegarder les emplois des agents de Comores Télécom » ou encore « respect des accords avec le gouvernement pour une retraite convenable » sont parmi les innombrables banderoles brandies hier lors de la traditionnelle marche du 1er mai pour la fête du travail. Les participants ont dit leur insatisfaction vis-à-vis des conditions de travail notamment le gel des avancements pour les travailleurs de la fonction publique, des sociétés d’Etat et privées.
« Cela fait déjà douze ans que nous n’avons pas eu d’avancement au port de Moroni et le jour où on l’a réclamé, ça a abouti à l’emprisonnement du secrétaire général de la Confédération des Travailleurs Comoriens (CTC) », s'est plaint Massi du syndicat des dockers du port de Moroni. Pour Karim Maoulida, secrétaire général du syndicat des professeurs comoriens (SNPC), le combat est encore long car aucun texte ne valorise le travailleur comorien et le corps des enseignants en particulier. « Nous, corps des enseignants, ne cessons de réclamer des avancements et de manifester pour nos droits. Et comme les textes le montrent, le travailleur a des droits notamment les avancements de salaire! », s’indigne-t-il. Il ajoute: « Pourquoi les militaires perçoivent ces avancements à travers les grades et pas les autres à travers leur ancienneté dans les différentes administrations et institutions ? ».
Le Secrétaire général de la Confédération des travailleurs comoriens a évoqué lui, les efforts fournis par la CTC vis-à-vis des 2050 travailleurs ayant subi des agressions professionnelles : « On a pu, pendant presque un an, mené un long combat. Nous avons pu rétablir les droits de plus de 2050 travailleurs dont certains étaient renvoyés, d’autres avec une suspension de salaire et d’autres étaient mis à pied », s'est réjouit M. Salim Soulaimane. Ce dernier appelle tous les travailleurs à faire preuve de responsabilité car ils sont, selon lui « les acteurs majeurs pour l’économie ».
Pour les retraités, le Sg a fait savoir qu’un projet de loi est soumis à l’Assemblée pour évaluer et faire respecter les droits de tous les travailleurs et futurs retraités. Chaabane Mohamed, ancien secrétaire général de la Ctc, a dit son indignation face au détournement de fonds qui a eu lieu à la caisse de retraite, il y a de cela quatre mois. Pour ce syndicaliste de la fonction publique, « ces agissements ont anéanti l’espoir des retraités ». Chaabane Mohamed appelle la justice à apporter des éclaircissements sur cette affaire. Sur le genre, il dira son souhait de voir les femmes valorisées au même titre que les hommes dans l'exercice de leur fonction: « L'égalité entre les femmes et les hommes doit être une réalité, elle est à respecter », a-t-il précisé.
Le grand absent de la marche a été le syndicat des chauffeurs, Usukani wa masiwa. Une absence que Salim Soulaimane a regretté, rappelant qu'avec « les chauffeurs et taximen, nous menons tous le même combat ». Les harcèlements faits aux femmes dans les administrations ou encore les suspensions de salaire sans suivie logique des textes sont parmi les thèmes qui, bien que n'ayant pas été abordés par les intervenants, tiennent à coeur les participants.
A.O Yazid
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