À l'occasion du 51ᵉ anniversaire de l'indépendance, le président Azali Assoumani a placé la célébration sous le thème « Patrimoine, dignité et sécurité : protéger les hommes pour préparer l'avenir ». Devant une Place de l'Indépendance fortement sécurisée, le chef de l'État a reconnu le ralentissement du Plan Comores Émergent (PCE), qu'il attribue aux crises successives ayant frappé le pays. Tout en réaffirmant son ambition de conduire les Comores vers l'émergence, il a mis en avant les réalisations de son gouvernement et appelé à une responsabilité collective.
Il est un peu plus de 6 heures 30 lorsque Moroni s'éveille au rythme des fanfares militaires. Sous un ciel de juillet d'un bleu éclatant, balayé de fins nuages glissant vers le Karthala, la Place de l'Indépendance se remplit progressivement d'invités munis de leurs cartons d'accès. Sous les tentes officielles, décorées aux couleurs nationales, prennent place les autorités religieuses, les gouverneurs des îles, les membres du gouvernement, les députés, les hauts gradés de l'Armée nationale et de la gendarmerie, ainsi que plusieurs chefs de missions diplomatiques. Tous rejoignent la nouvelle tribune métallique installée pour cette célébration, dans un protocole minutieusement orchestré.
Après avoir présenté l'année 2025 comme celle de la consolidation des acquis du cinquantenaire de l'indépendance, le Président affirme que 2026 doit ouvrir une nouvelle étape dans « la trajectoire engagée depuis 2016 pour faire des Comores un pays émergent à l'horizon 2030 ». Mais une large partie de son discours est consacrée à expliquer pourquoi le Plan Comores Émergent n'avance pas au rythme initialement annoncé. Le président reconnaît implicitement les retards enregistrés, qu'il attribue à des facteurs extérieurs : la pandémie de Covid-19, le cyclone Kenneth, puis les conflits internationaux ayant perturbé les chaînes d'approvisionnement et pesé sur l'économie nationale. Sans annoncer de nouvel échéancier, il estime néanmoins nécessaire « d'élaborer une nouvelle stratégie politique pour le pays », sans toutefois en préciser les contours.
Le chef de l'État s'est également montré préoccupé par la montée de l'insécurité. « Ces dernières années, nous assistons avec préoccupation à la recrudescence des violences, des agressions et des crimes, en particulier à l'égard des femmes, des filles et des enfants », a-t-il déclaré. Selon lui, cette situation risque de compromettre les efforts engagés pour consolider la paix et accélérer le développement socio-économique. Il a promis d'y répondre « par la loi et par l'éducation » afin d'enrayer cette « pente très dangereuse ». Pour défendre son bilan, Azali a ensuite énuméré plusieurs réalisations qu'il considère comme des avancées concrètes.
Sur le plan de l'emploi, il a indiqué que 1 235 entreprises créées depuis 2020 et 2 811 emplois générés sur la période 2025-2026, principalement au bénéfice de la jeunesse. Dans le secteur de la santé, il a annoncé l'achèvement des travaux de réhabilitation et d'équipement du Centre hospitalier universitaire El-Maarouf. En matière d'infrastructures, il a cité la poursuite des travaux routiers sur les axes Bahani-GTE et Itsinkoudi-Hamahamet, la modernisation des infrastructures aéroportuaires ainsi que le développement des énergies renouvelables.
Le président a également mis en avant plusieurs réussites sur le plan international, notamment l'inscription de la médina de Moroni au patrimoine mondial de l'UNESCO et l'organisation prochaine des Jeux des îles de l'océan Indien aux Comores. Sur le plan économique, le chef de l'État reconnaît que « notre économie demeure exposée » aux chocs internationaux. Il est revenu sur la récente hausse du prix des carburants, expliquant que le gouvernement avait dû adapter ses mesures d'accompagnement à la suite du mouvement de grève observé dans le pays.
Malgré ce contexte, il affirme que « le rythme de progression de l'activité économique s'inscrit dans une dynamique positive », évoquant une croissance du PIB passée de 3% à plus de 4%, selon les estimations du Fonds monétaire international.
La dernière partie de son intervention était tournée vers l'avenir. La jeunesse y est présentée comme « le pilier du développement », tandis que la sécurité est décrite comme « une responsabilité partagée ». Le président a rappelé que « chaque citoyen, à son niveau, est responsable et devra rendre compte de ses actes, pas seulement le gouvernement ». Il a conclu son allocution par un appel à l'unité nationale, invitant « tous les Comoriens, responsables politiques, citoyens, hommes et femmes » à œuvrer ensemble pour bâtir « un pays stable, uni et prospère », avant d'exprimer sa solidarité envers le peuple palestinien « face aux souffrances qu'il continue de subir ».
Hamdi Abdillahi Rahilie
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