Oxfam Comores, en collaboration avec la mairie de Moroni et la ville de Tsidjé, a organisé un atelier sur la gestion des déchets le 10 février dernier. Cette réunion d’échange vise à informer les agents de la voirie sur la gestion des déchets et ses techniques de valorisation à l’échelle locale.
Comme l’ont démontré les experts, la gestion des déchets est un enjeu important pour protéger l’environnement et la qualité de vie. Elle relève non seulement de la responsabilité des individus, mais aussi de celle de la société, et permet de préserver les ressources naturelles tout en réduisant la pollution. Elle consiste à diminuer la quantité de déchets produits grâce à des pratiques appropriées, sans nuire à l’environnement, en utilisant des méthodes telles que le recyclage et la réutilisation des déchets de production et de consommation. C’est pourquoi, depuis le lundi 10 février, Oxfam a collaboré avec la mairie de Moroni et la ville de Tsidjé à l’hôtel Retaj pour leur montrer comment traiter les déchets. Cette occasion a permis aux agents de la mairie de discuter ensemble des outils à mettre en place pour la gestion des déchets. Souvent pointée du doigt par les résidents, cette initiative va permettre aux agents de la mairie de prendre conscience collectivement des enjeux et d’adopter des mesures concrètes pour limiter la pollution et améliorer le ramassage des ordures.
Selon Ahmed Said Soilihi, conseiller à la mairie de Moroni, « les gens vivent dans des difficultés, surtout dans la ville de Moroni ». Il explique que « à Moroni, il y a plus de 90 000 habitants et plus de 120 000 personnes qui se rendent chaque jour dans la ville. Chacun apporte ses déchets, ce qui explique pourquoi, au marché, plusieurs ordures sont déposées ». Et lui de justifier cette initiative « pour que les maires qui viendront prennent en charge cette gestion ». Il ajoute : « Ces déchets ne pourront jamais être contrôlés si les gens ne se responsabilisent pas en recyclant leurs ordures et en les mettant dans un sachet avant de les déposer dans les camions. Nous devrions sanctionner ceux qui jettent les ordures sans payer les tickets. » Soilihi souligne également les lacunes internes de la mairie : « Il y a plusieurs manques, notamment des salaires trop bas qui démotivent le personnel, ainsi que le manque de camions. Habituellement, nous recevons des camions du PNUD ou de l’État. »
Du côté d’Oxfam Comores, Salima Hamada, coordinatrice, indique que « depuis ce lundi 10 février, nous avons commencé à travailler avec la mairie pour leur montrer comment traiter les déchets ». Elle précise que « le personnel ne devrait pas seulement venir dans les quartiers pour ramasser les ordures, mais aussi mettre en place plusieurs méthodes de traitement. Par exemple, il faudrait trier les déchets en différentes catégories : plastique, aliments, etc., et ne déposer dans les décharges que ce qui ne peut être recyclé ». Selon elle, cette approche est « une façon de limiter la pollution, surtout que nous avons des problèmes dans les sites d’enfouissement ».
L’expert Said Hassani Mohamed insiste sur l’importance de l’éducation au tri : « Nous voulons montrer à ceux qui sont présents comment traiter les déchets, car chaque déchet n’est pas identique. La mairie est confrontée à un problème d’acheminement des ordures, et nous voulons aider à réduire leur quantité. Nous allons démontrer les dangers liés aux déchets jetés sur le sol et dans la mer. » Il donne l’exemple des cannettes : « Une cannette jetée à la mer peut mettre jusqu’à 1000 ans pour se décomposer, ce qui doit inciter chacun à prendre conscience de l’importance du tri. »
Mohamed Ali Nasra
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