La hausse des prix des carburants décidée par le gouvernement provoque une vive contestation. Le syndicat des transporteurs Wusukani wa Masiwa a suspendu les transports en commun et les taxis, dénonçant une mesure prise sans concertation et aux lourdes conséquences pour les ménages. Entre colère des consommateurs, inquiétudes sur l’envolée du coût de la vie, la Fédération comorienne des consommateurs (FCC) réclame plus de transparence sur les mécanismes ayant conduit à cette hausse.
En réponse à cette mesure, le syndicat des transporteurs Wusukani wa Masiwa a annoncé l’arrêt immédiat des transports en commun et des taxis. Il estime que cette hausse rend impossible l’exploitation des véhicules sans répercuter les coûts sur les usagers. « Les transports en commun ainsi que les taxis ne travaillent plus », affirme les chefs syndicalistes, dénonçant une décision prise sans concertation avec les acteurs du secteur. Pour les transporteurs, reprendre la route impliquerait automatiquement une augmentation des tarifs du transport, avec des conséquences directes sur le quotidien des familles. « Nous ne voulons pas être ceux qui achèvent des familles déjà à genoux », expliquent-ils, préférant « la voie de la dignité » en immobilisant leurs véhicules.
Cette décision intervient pourtant quelques jours après les déclarations du président Azali Assoumani, qui avait promis, dans son discours du 3 mai dernier, « d’alléger le panier de la ménagère » et de garantir « une vie stable et épanouie » aux Comoriens. Or, les arrêtés publiés le 9 mai dernier ne prévoient ni compensation sociale ni subvention ciblée pour les ménages les plus vulnérables. Pour plusieurs observateurs, cette hausse crée un décalage entre les engagements annoncés et les mesures finalement appliquées. Dans les marchés et les quartiers populaires, les inquiétudes grandissent déjà face aux répercussions immédiates sur les prix des transports, des produits alimentaires et des biens de première nécessité. Pour Mariama Soilihi, mère de famille rencontrée à Moroni, la situation devient de plus en plus difficile pour les ménages modestes. « L’État cultive la misère et ne pense pas à ceux qui vivent avec très peu de moyens. Le peuple n’est pas une vache à lait », déplore-t-elle.
De son côté, la Fédération comorienne des consommateurs (FCC) a également réagi à travers un communiqué. Selon l’organisation, les nouvelles hausses estimées entre 29% et 46% selon les produits ont été décidées sans consultation préalable des consommateurs ou des acteurs concernés. Elle redoute que les prix officiels fixés par l’État ne soient pas respectés sur le terrain. Avec les risques de spéculation et les ruptures de stock, l’organisation estime que le litre de gasoil pourrait être revendu entre 1500 et 2000 KMF au détail dans certaines localités. La FCC juge par ailleurs difficilement applicables les nouveaux tarifs du transport en commun et s’interroge sur la capacité réelle des autorités à assurer le contrôle des prix.
Pour elle, les conséquences toucheront en priorité les populations les plus fragiles : agriculteurs, pêcheurs, travailleurs journaliers ou encore les familles dépendant du pétrole lampant pour la cuisson et l’éclairage. Face à cette situation, la Fédération réclame davantage de transparence sur les mécanismes ayant conduit à cette hausse, un contrôle effectif des prix sur le marché, l’extension des mesures douanières de soutien ainsi que des dispositifs de protection ciblés pour les ménages vulnérables. Elle appelle les autorités à privilégier la concertation avant toute nouvelle décision tarifaire.
El-Aniou Fatima
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