La grève contre la hausse du prix du carburant continue de paralyser les Comores. À Mohéli, transports en commun à l’arrêt, commerces au ralenti et liaisons maritimes suspendues compliquent le quotidien des habitants. Alors que la contestation entre dans sa quatrième journée, les tensions sociales prennent une nouvelle ampleur avec l’apparition de slogans pro-russes et la réaction du parti MOLECO, qui appelle au dialogue et à des mesures d’urgence contre la vie chère.
Depuis quatre jours, Mohéli vit au rythme d’une paralysie quasi totale provoquée par la grève des transporteurs contre l’augmentation du prix du carburant. Comme dans les autres îles de l’archipel, les taxis et les transports en commun restent immobilisés, tandis que les vedettes motorisées assurant les liaisons inter-îles sont à l’arrêt. Dans les rues de Fomboni et des principales localités de l’île, l’activité économique tourne au ralenti. Si certains magasins et boutiques gardent leurs portes ouvertes, la fréquentation reste très faible en raison des difficultés de déplacement rencontrées par la population. La situation sociale s’est davantage tendue le mardi matin avec l’apparition de drapeaux russes et d’inscriptions appelant à l’aide russe dans plusieurs localités, notamment à Mbatsé, Hoani et Djoiezi. Selon plusieurs témoignages, ces symboles auraient été installés tôt dans la matinée avant d’être rapidement retirés par les forces de l’ordre.
À cette crise s’ajoute la grève des enseignants, qui dure depuis près d’un mois et affecte fortement le système éducatif. Cette accumulation de mouvements sociaux plonge le pays dans une situation de blocage généralisé. Ce mercredi 13 mai, seuls deux taxis ont timidement repris du service à Mohéli. Une reprise aussitôt dénoncée par le syndicat « Usokani wa Massiwa », qui affirme que les conducteurs concernés ne feraient pas partie du mouvement syndical. Certains grévistes soupçonnent même une tentative de sabotage de la mobilisation. Interrogé sur la poursuite du mouvement, Chaher Abdou Daniel, chauffeur de taxi, reste catégorique : les transporteurs ne reprendront pas le travail tant que le prix du carburant ne sera pas revu à la baisse. « Nous sommes prêts à poursuivre la grève même pendant un mois s’il le faut », affirme-t-il.
Face à cette situation, le parti MOLECO a publié une déclaration exprimant sa préoccupation devant la multiplication des mouvements sociaux et la flambée du coût de la vie aux Comores. Le parti appelle le gouvernement à ouvrir un dialogue tripartite réunissant l’État, les syndicats et le patronat afin d’éviter une paralysie durable des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé et le transport. Le MOLECO propose également plusieurs mesures d’urgence, notamment la suspension temporaire des taxes sur certains produits de première nécessité, la création d’un observatoire national des prix et des marges, ainsi qu’un mécanisme de soutien au transport maritime des marchandises. Le parti met enfin en garde contre tout risque de répression des mouvements sociaux et appelle les autorités à agir avec « responsabilité, transparence et efficacité » face à une crise sociale qui ne cesse de s’aggraver.
Riwad
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