À Anjouan, la hausse des prix du carburant provoque de fortes perturbations dans la vie quotidienne. Depuis l’entrée en grève des transporteurs et des commerçants, soutenus par le mouvement Wusukani wa Masiwa et le Synaco, administrations, écoles et marchés fonctionnent au ralenti. Faute de transports en commun, de nombreux habitants peinent à se déplacer, dans un contexte de colère sociale grandissante face à l’augmentation du coût de la vie.
À Anjouan, les conséquences de la grève lancée par le mouvement Wusukani wa Masiwa et soutenue par le Syndicat national des commerçants (Synaco) se font durement ressentir. Depuis lundi, la hausse des prix du carburant a fortement perturbé le fonctionnement des administrations publiques, des établissements scolaires et des activités commerciales. La fréquentation a nettement chuté dans plusieurs secteurs, tandis que les déplacements deviennent de plus en plus difficiles pour la population.
Trois jours, l’île a vécu une véritable journée de paralysie. Les rues de Mutsamudu étaient presque désertes, les bureaux administratifs tournaient au ralenti, plusieurs écoles ont enregistré de nombreuses absences et les marchés fonctionnaient au minimum. À l’origine de cette situation : la flambée des prix du carburant, conséquence directe de l’arrêté gouvernemental prévoyant une hausse de près de 35 % des prix du gasoil, du pétrole lampant et de l’essence.
Depuis cette décision, de nombreux chauffeurs ont cessé leurs activités, estimant ne plus pouvoir faire face aux nouvelles charges. « Nous ne pouvons pas acheter un litre d’essence à 1000 francs et continuer à travailler normalement », répètent plusieurs taximan à travers l’île. En l’absence de transports en commun, de nombreux citoyens se retrouvent bloqués chez eux ou contraints de parcourir de longues distances à pied.
Selon plusieurs transporteurs, l’arrêt du travail n’a même pas nécessité de consignes strictes. « Ce n’est plus seulement une grève, c’est une question de survie », confie un chauffeur rencontré dans les rues de Mutsamudu. « Aucun citoyen ne peut supporter cette hausse. Le gouvernement doit revoir sa copie », ajoute-t-il.
Les répercussions touchent désormais l’ensemble de la société. Fonctionnaires absents, élèves incapables de rejoindre leurs établissements, commerçants privés de clientèle : la crise affecte directement le quotidien des ménages déjà fragilisés par la vie chère. Même certains agents de l’État reconnaissent l’ampleur des perturbations. « L’absence de transports explique clairement le vide observé dans les services publics », témoigne un agent des douanes ayant eu des difficultés à rejoindre son poste.
Dans plusieurs quartiers, quelques tentatives de reprise des activités ont été observées, sans toutefois inverser la tendance. Le mouvement de contestation continue de gagner du terrain, porté par une population inquiète face à l’augmentation du coût de la vie.
Younes
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