La Gazette

des Comores

Histoire Ibrahim Halidi sous le régime Djohar

Histoire Ibrahim Halidi sous le régime Djohar © : HZK-LGDC

Après la chute du régime d'Ali Soilihi et la répression qui s'en est suivie, Ibrahim Halidi s'est fait discret. Pour cause, le jeune homme est parti suivre une formation en philosophie d'où il sortira avec un niveau licence.


Sous Abdallah, celui qui a connu les ors de la république en tant que numéro deux  et même numéro un en 1977 du pouvoir révolutionnaire, a passé le plus clair de son temps à enseigner  la philosophie dans plusieurs établissements du pays. La mort du président Ahmed Abdallah Abderemane en novembre 1989 est venue redessiner un nouveau paysage politique, surtout avec l'avènement de la démocratie sous feu, le président Said Mohamed Djohar. Ibrahim Halidi est rentré pour la première fois dans un gouvernement sous l'ère Djohar avec le poste de ministre de l'information, de la jeunesse, du sport et de la culture. Cette entrée au gouvernement s'est fait dans une période où le pays traversait une période d'incertitude avec le mouvement "embargo" à Moheli "où le pays se trouve à la croisée des chemins. Il doit se renouveler ou périr" écrivait  Mohamed Dhakoine. Et de poursuivre "pour opérer ce travail de renouvellement de la classe politique, Said Mohamed Mchangama, alors conseiller spécial du président Djohar, crée un mouvement de réflexion politique, baptisé DPA (Dialogue/Propositions/Action).


Si la paternité du renouvellement générationnel est bien attribuée à l'ancien président de l'assemblée nationale, l'infortune d’Ibrahim Halidi lui est attribuée selon Dhakoine. Avec 9 circonscriptions remportées sur 12 à Anjouan, le président Djohar à du confier au leader du parti Union pour la Démocratie et la Décentralisation (UDD) le soin de former le premier et seul gouvernement de cohabitation qu'à connu notre pays. Un gouvernement qui a tenu à peine 5 moi avant d'être "renversé avec le gendre du président à la manœuvre" par une motion de censure votée par 3 des 9 députés de l'UDD dont 2 du Nyumakele.


Cette fragilité de la majorité, lbrahim Halidi l'expliquera un peu plus loin. « Reconnaissons que la majorité UDD était sérieusement fragile. C'était plus une coalition hétéroclite qu'une vraie majorité. Tous les députés de l'UDD étaient anjouanais ». L'ancien chef du gouvernement aux députés qui ont voté la motion d'être en quelque sorte des "vendus" comme il l'explique à la page 114. « Les députés,  même ceux de nos rangs, furent retournés contre nous moyennant une forte récompense financière et matérielle ». Une pratique bien connue du côté du palais de Hamramba et qui dure jusqu'à nos jours, nous dit un habitué des débats parlementaires qui a requis l'anonymat.


Animal politique, comme il le disait lui même, Ibrahim Halidi était aussi un nationaliste convaincu, même si son aura n'a jamais pu dépasser son Nyumakele natale. Jamais il n'a pu s'implanter politiquement à Ngazidja là où la politique prend tout son sens. Ibrahim selon ses propres aveux a toujours pâti de ses origines. Complexe ou réalité, les deux semblent s'imbriquer. En 1998 après la mort du président Taki, il a été renvoyé de la présidence par le président par interim, Tadjidine Ben Massounde et de l'avoir effacé des fichiers de la trésorerie publique. « Cette décision inique et arbitraire ne fut que la revanche d'un noble de Domoni sur un Matsaha qui s'invite à la maison, ou plutôt à la table à laquelle il n'est pas invité ».

 

AS Badraoui

 


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