La Gazette

des Comores

Huit pays mutualisent leurs ressources dans la lutte contre la pêche illégale

Huit pays mutualisent leurs ressources dans la lutte contre la pêche illégale © : HZK-LGDC

Les 8 pays membres de l’Unité régionale de coordination (UCR) ont décidé de mutualiser leurs ressources pour optimiser l’usage des moyens de surveillance maritimes et aériens et tirer profit des nouvelles technologies dans la lutte contre la pêche illégale avec le soutien substantiel de l’Union Européenne.


La pêche illégale entraîne une perte annuelle d’un milliard de dollars en potentiel de produits dérivés dans la région, selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONAA). Une perte qui inquiète la Commission de l’Océan Indien (COI) qui, lors d’un atelier qui a eu lieu les 3 et 10 septembre dernier a relancé le programme de lutte contre la pêche illégale dans la région.

 

En tout, 8 pays à savoir les Comores, la Réunion (France), le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Tanzanie, ont approuvé les lignes directrices pour relancer le Plan régional de surveillance des pêches (PRSP) de ce secteur qui couve 6,4 millions de km2 pour une économie régionale qui coûte au moins 1 milliard de dollars selon la FAO.

 

Insistant sur l’apport des ressources aquatiques dans le développement de la région, le secrétaire général de la Commission de l’océan indien, Vêlayoudoum Marimoutou précise que ce partenariat entre tous les pays membres a permis de « mutualiser les ressources existantes des Etats insulaires et côtiers de la région pour un usage optimisé des moyens de surveillance maritimes et aériens ainsi que des nouvelles technologies dans la lutte contre la pêche illégale ».

 

Bien que le PRSP était en veille pendant quelques temps, l’homme fort de la COI rappelle que rien qu’en 2017, les actions concertées dans la région ont permis d’arraisonner 26 navires, de constater 6 infractions, d’arrêter 2 navires et de saisir la justice pour 4 affaires de pêche illégale ayant abouti à l’emprisonnement de 3 personnes et à une amende s’élevant à environ 60 000 dollars. Une des raisons avancées par Vêlayoudoum Marimoutou pour encourager la redynamisation du programme de surveillance.

 

« Depuis 2018, la mise en veille du PRSP était comme une brique manquante dans l’édifice que nous avons collectivement bâti pour une exploitation durable de nos ressources maritimes. […]. J’insiste une fois de plus sur le fait que nos réalisations témoignent de la réussite de ce partenariat. L’étape suivante consiste maintenant à relancer et à pérenniser cette collaboration. C’est tout l’enjeu de cet atelier », insiste-t-il.

 

A travers cet atelier de relance de la lutte contre la pêche illégale, le programme ECOFISH veut mutualiser les ressources pour optimiser l’usage des moyens de surveillance de la sous-région. Pour atteindre les objectifs escomptés, les membres de l’Unité régionale de coordination (UCR) du PRSP ont misé sur la capitalisation et la pérennisation des acquis.

 

« Les discussions et résolutions des membres de l’UCR se sont également focalisées sur la rentabilité et l’efficacité des actions contre la pêche illégale. L’une des approches considérées dans ce sens consiste à identifier les principales zones de pêche la région où les opérations de surveillance devront se concentrer », lit-on dans un communiqué.

 

Il a été question en effet de mettre l’accent sur l’utilisation des nouvelles technologies, des images satellites et des drones et la fréquence accrue des échanges et formations d’inspecteurs et d’observateurs en mer. A cet effet, Vêlayoudoum Marimoutou estime que « avec cette reprise des activités régionales de surveillance des pêches vos discussions et décisions devront tenir compte de la rentabilité  et de l’efficacité des actions à adopter » en faisant allusion à la coordination avant d’affirmer que « au de-là de ces facteurs, la région devra inscrire cette initiative dans la durée ».

 

A.O Yazid

 

 


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