C’est ce que nous montrent certaines images et vidéos qui sont devenues virales en quelques minutes dans les réseaux sociaux. Le ministre de la justice accompagné de celui de la jeunesse et sport a été hué par une partie de la population de la localité d’Irohé quand ils sont venus présenter leurs condoléances à la famille du jeune Fahad victime d’un tir par balle le jour du match Comores-Ghana.
Nul n’est jamais prophète chez soi nous dit l’adage. Le ministre de la justice, Djaé Ahamada Chanfi l’a appris à ses dépens. Natif de la localité de Kwambani voisine de celle d’Irohé d’où était originaire le jeune Fahad mort après avoir reçu une balle dans la tête le 21 novembre dernier lors de la rencontre opposant les Cœlacanthes aux Black-Stars du Ghana, le ministre de la justice avait la légitimité ou croyait-il en avoir pour aller présenter ses condoléances. Aussi louable soit-elle comme démarche, les deux ministres payent apparemment la sortie hasardeuse de leur collègue de l’agriculture, Houmed Msaidie qui n’avait pas hésité à qualifier « d’accidentel » ce qui s’était passé au stade le soir du 21 novembre.
Le mélange de genres qui a suivi le malheureux incident ou la revendication légitime de la population qui demandaient justice, rien que la justice, s’est retrouvée entremêlé avec une récupération malsaine des politiciens comoriens qui n’hésitent pas à marcher sur la mémoire du jeune Fahad, alors que son corps n’est pas encore sous terre. Entre le besoin immoral de justifier l’injustifiable des uns et la volonté mal placée de trouver un coupable vaille que vaille des autres, la population se retrouve prisonnière entre ces deux prismes, obligée de s’aligner sur les uns ou les autres. C’est ce cocktail explosif qui a abouti à la mésaventure des deux ministres à Irohé mardi dernier.
Toujours est-il que le manque de repères de la population, nourri par des politiciens mal inspirés, augmentent le climat de défiance qui prévaut dans ce pays contre tout ce qui relève de l’autorité de l’Etat voir de l’autorité tout court. L’émiettement de la société, l’effondrement du système coutumier basé sur le grand mariage, l’esprit de voisinage étaient des verrous qui empêchaient le comorien de franchir les limites sous peine d’être sanctionné ou tout simplement banni de la société.
Au-delà des faits malheureux qui ont conduit à la mort du jeune Fahad Moindze, la société doit se poser des questions et les autorités avec, pourquoi un match de football censé regrouper toute la population dans la joie et l’allégresse finit en deuil. Ce qui s’est passé à Maluzini est peut-être une vitrine pour corriger la suite mais, hélas ces genres de comportements que ce soit de la part des forces de l’ordre ou des simples supporters, nous la vivons à longueur de saison dans nos différents stades ou des rencontres finissent en pugilât ou en baston souvent contre ceux (arbitres) censés mettre de l’ordre. Si chacun de son côté ne prend pas le problème avec recul et sans passion, alors nous sommes partis pour continuer le décompte macabre.
Imtiyaz
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