La Gazette

des Comores

Hymne à l’Unité, hymne à l’unisson

Hymne à l’Unité, hymne à l’unisson © : HZK-LGDC

A l’heure où beaucoup s’interrogent sur la cohésion et notre identité nationales, certains ont décidé de s’unir et s’exprimer d’une même voix afin de rassembler les citoyens, petits et grands, autour d’un des symboles du pays, l’hymne national. Et comme là encore des divergences existent (quant aux mots employés notamment), un collectif de citoyens s’est lancé pour mission de faire imprimer sur bâche, la version officielle de notre chant patriotique et l’afficher dans les établissements scolaires.


« Nous avons déjà placardé 40 bâches dans des écoles à Ngazidja », s’est réjoui Hamidou Bourhane, agronome accompagné de son collègue Amine Youssouf. Avec ses collaborateurs du groupe Hayba Education-Formation, ils sillonnent l’île et accomplissent ce qui leur apparait comme un devoir. L’idée est née il y a quelques mois. A quelques jours de la fête d’indépendance, une polémique refait surface : pourquoi existent-ils différentes versions de l’hymne et surtout, quelle est la version officielle ? « Dans les diverses cérémonies, il n'est pas rare de constater qu’on chante une version différente de son voisin. Ça diffère sur le choix de mots en général », a expliqué Anturia Mihidjai, fondatrice de Nutrizone Food, spécialisée dans la transformation de sagou (ntsambu) et membre de la Communauté hayba. « On s’est donc dit qu’on allait commencer par la base, les enfants. Renforcer leur sentiment d’appartenance à notre pays. C’est l’opportunité pour des milliers d’enfants de lire et apprendre une version officielle de l’hymne », a-t-elle renchéri.

 

Jeudi 14 septembre, c’était au tour du Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid d’accueillir les membres de la Communauté Hayba pour la pose de la bâche comptant la version officielle de l’hymne national. Un accueil des plus chaleureux a été réservé aux 3 membres du Collectif qui compte des personnes issues de divers horizons. « Nous sommes nombreux dans la Communauté Hayba Echanges Citoyens. Ce sont des groupes d’échange et de réflexion, par thème. Le volet Education-Formation compte des professionnels de l’enseignement, des membres de la Société civile, des opérateurs économiques, des membres de la diaspora, des bénévoles de plusieurs domaines, … ».

 

Au GSFA, alors en prérentrée, une myriade de tenues uniformes - haut blanc, bas bleu marine - se dressait fièrement dans la cour de récréation, face au drapeau, majestueux et hissé par deux élèves. Le signal donné, les quelques 600 écoliers des classes de Primaire ont entonné l’hymne national sous la supervision du personnel de l’école et des enseignants. Les portraits affichés dans la cour de Fundi Abdoulhamid, éminent enseignant du pays qui a prêté son nom à cet établissement de prestige et Ali Mzé Ahmed, Chef d’établissement du GSFA durant 30 ans et décédé en février 2023, ont contribué à rendre l’instant solennel.

 

« Nous avons à cœur de transmettre les valeurs de citoyenneté et d’intégrité à nos enfants, à l’école comme à la maison. L’ensemble du personnel du Gsfa salue votre engagement. Le panneau sera placé de telle sorte que tous nos élèves puissent y avoir accès facilement », s’est exprimée Masséande Chami-Allaoui, nouvelle directrice du GSFA. A titre symbolique, la bâche a été remise à un élève en classe de Grande section. « Merci pour cet accueil chaleureux. En espérant que cette affiche permettra à nos enfants de saisir l’importance de chanter le même hymne, pour plus d’harmonie au sein de notre pays », a déclaré Nadhirati Mohamed, enseignante et membre de la Communauté Hayba. En tout, ce sont 800 écoles, sur l’ensemble du territoire national, qui sont ciblées par le projet. Une mission rendue possible grâce à de généreux sponsors.

S.Ch


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