La Gazette

des Comores

Incinération de médicaments: Qui a encaissé l'argent de l'OCOPHRMA ?

Incinération de médicaments: Qui a encaissé l'argent de l'OCOPHRMA ? © : HZK-LGDC

L'Affaire de l'incinération des médicaments périmés continue de défrayer la chronique du microcosme moronien tout comme les effets néfastes de cet acte immonde continueront de polluer le sol et l'aire sur des proportions qui sont encore inimaginables.


La Mairie de Moroni par voie d'arrêté a nié en bloc avoir donné l'autorisation à l'OCOPHRMA d'incinérer ses médicaments périmés au lieu dit. « Malheureusement la procédure n'a pas été respectée et nous confirmons par cette présente qu'aucun avis, validation et autorisation n'ont été prononcés ni délivrés par le Maire de Moroni », peut-on lire dans l'arrêté signé de la troisième adjointe en date du 16 janvier dernier. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi matin dans un hôtel de la place, des élus de la capitale montrent que la Mairie a en plus de donner l'autorisation à l'incinération, elle a encaissé une somme d'argent venant de l'OCOPHRMA.

 

« L'argent a été ramené chez la troisième adjointe et, elle a ordonné qu'on donne une partie de la somme aux agents ayant effectué l'inspection et l'autre moitié à la Secrétaire Générale pour être encaissé le lendemain », a en substance tenu à asséner Mohamed Kaanbi élu du Nord de la capitale. Le chiffre de 2 millions aurait été cité lors de cette rencontre avec la presse. C'est pourquoi les élus ont demandé à la justice de s'autosaisir de ce dossier ô combien important. Les soupçons de dessous de table dans cette affaire Ocopharma est plus que clair selon les dires des conférenciers.

 

Pourquoi Ocopharma s'est-il adressé directement à la Mairie au lieu de consulter l'Agence Nationale des déchets plus habilitée à traiter ces genres de dossier, du moins sur l'aspect technique et sur la faisabilité ? Si les agents incriminés ont vraiment agi de leur propre chef, pourquoi les avoir tout simplement relevés de leur fonction mais pas engagé une procédure devant les tribunaux ? Pourquoi, jusqu'au jour d'aujourd'hui, l'Agence Nationale pour les Médicaments et les Évacuations (ANAMEV) n'a-t-elle pas encore réagi, du moins en ce qui concerne les quantités réelles de médicaments qu’Ocopharma aurait incinéré ? Dans son rôle de régulateur, n'aurait-elle pas dû être au premier rang dans la revendication pour la manifestation de la vérité ? Son silence ne risque-t-il pas à terme d'être utilisé comme étant une complicité manifeste ?

 

Le ministère de la santé doit-il avec toute son autorité se résumer à des injonctions ? Est-ce suffisant de dire à l’Ocopharma d'aller nettoyer le site au lieu d'ouvrir une enquête en interne pour situer les responsabilités des uns et des autres et s'il y'a lieu de porter l'affaire devant les juridictions concernées ? Autant de questions qui restent sans réponses mais qui doivent interpeller plus d'un dans le rôle de tout un chacun, de préservation de la santé de la population.

 

ASB

 


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