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Infrastructures routières / Interview Nabil Jaffar : « On n’est pas Colas, mais on croit y arriver»

Infrastructures routières / Interview Nabil Jaffar : « On n’est pas Colas, mais on croit y arriver» © : HZK-LGDC

Nabil Jaffar, Coordinateur National de la Fédération Solidarité communauté Océan Indien et représentant légal d’Ortega Live humanitaire à Anjouan, parle de l’absence du gouvernement dans le chantier de route d’Uzini, initié par l’Association Ortega Live Humanitaire. Ce chantier accompagné techniquement à titre humanitaire sur le terrain par l’ingénieur et ancien directeur de TP à Anjouan Saindou Fadhula coûterait 400 000 000 fc selon une étude faite. Interview.


Question : Depuis  quand avez vous entamé les travaux pour la route menant à Uzini ? Où en êtes-vous avec ce chantier ?

Nabil Jaffar : Le mois d’Avril dernier. On est sur la phase de terrassement, une partie qui bouffe trop de temps, mais qui avance avec les efforts des uns et des autres. Comme vous savez c’est un travail humanitaire, appuyé par les contributions des citoyens. Nous avons fait deux étapes pour le terrassement et maintenant nous sommes au 3ème avec un compresseur marteau piqueur qui nous aide à ouvrir le chemin pour faire passer le tractopelle et avancer vers le village, il nous reste environ 1 km.

 

Question : La plus grande partie de ce travail de désenclavement est financée par des appels au don. Jusqu'ici vous avez eu combien de francs ?

N.J: Nous avons combien ? C’est une question de gymnastique. Puisqu’on utilise ce qu’on a collecté en fonction du besoin, on ne peut pas avoir une réponse exacte car les contributions ne s’arrêteront pas avant la fin du chantier et on utilise en temps réel et en besoin prioritaire. 

Question : Avez-vous eu des appels du gouvernement ?

N.J : S’il s’agit d’un accompagnement quelle que soit sa nature, pas encore. J’estime que le gouvernement se prépare pour un sérieux coup de main, car les habitants d’Uzini ont nettement besoin. Pour le mot appel, dans le sens de faire «appel de don» au gouvernement,  on l’a fait, et je l’ai fait personnellement, mais la réponse est la même : on réfléchit, on contacte, on répare une machine pour vous venir en aide.

 

Question : Pour finir ce long travail, combien il vous faut actuellement ?

N.J : Cette route sur la base d’une étude bouclée coûterait 4 milliards de francs comoriens. Je répète que 4 000 000 000 fc serait le montant pour faire la route d’Uzini. On n’est pas Colas, mais on croit y arriver. On n’a pas fait d’études, mais la douleur des Uziniens a bougé notre équipe ORTEGA LIVE HUMATAIRE sans trop attendre. D’ailleurs à mon nom personnel, je tiens à féliciter le courage de notre cher collègue journaliste Mohamed Abdou Hassani que je représente légalement sur place et pour ce projet.

 

Question : Pourquoi avoir pris cette initiative de désenclaver Uzini ?

N.J : Nous sommes dans l’humanitaire, nous avons des cœurs et grandi dans des milieux  éducatifs qui nous rappelle toujours l’entraide. Tout les comoriens connaissent le grand cœur d’Ortega, Mohamed Abdou Hassane, donc l’engagement c’est suite à un reportage d’ORTC fait en 2018, et je l’ai balancé sur la page d’Ortega et puis BAM (…) un reportage qui dessine la misère d’Uziniens en couleur. Donc, l’argent du contribuable qui accompagne l’initiative qui veut dire que l’union fait la force. 

 

Question : Ne pensez-vous pas que ce que vous faites devrait relever de l'œuvre du gouvernement?

N.J : On a beaucoup fait de pareil. Le gouvernement c’est une minorité des gens qui exerce un pouvoir fort dans l’Etat, mais pas forcement qu’il priorise politiquement toute priorité du peuple comme cette route d’Uzini. ORTC a fait le reportage en 2018, je l’ai mis sur la page Ortega Live en 2020, le  chantier est initié par Ortega en 2020 même et on avance. La FSCOI s’est alignée derrière Ortega Live Humanitaire, on espère que d’autres groupements apporteront leur soutien. Oui, ce travail devrait relever de l’œuvre du gouvernement, mais ceux qui gouvernent sont absents pour l’instant. Il viendra j’en suis sûr. 

 

Votre dernier mot…

N.J : Ortega Live Humanitaire est la cheville ouvrière de ce chantier. Nous, FSCOI, demandons les associations et autres forces de venir s’aligner derrière Ortega Live Humanitaire pour finir ce chantier au plus rapide possible. La Société EIFFAGE a des bulldozers, des pelles mécaniques géantes qu’ils pourraient en une fraction de seconde, nous finir le terrassement. Et en mon niveau d’information, cette entreprise française n’a pas d’utilité à ces machines pour l’instant. Je dirai, en guise de conclusion qu’au prochain remaniement qu’on me demande avis pour la proposition de portefeuille de l’aménagement du territoire.  

Propos recueillis par A.O Yazid

 


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