Nul besoin de chercher bien loin pour mesurer l'état préoccupant des routes de la capitale. Un simple déplacement à travers Moroni suffit pour constater le délabrement avancé de ses infrastructures routières. Plusieurs axes stratégiques, notamment les tronçons reliant l’Alliance française à Matelec, le rond-point du Café du Port à Badjanani, ainsi que le secteur allant de Zilmadjou au rond-point Caltex, sont parsemés de nids-de-poule profonds. Cette dégradation généralisée ternit gravement l’image de la capitale comorienne.
Cette situation est d'autant plus préoccupante que l’échéance des Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) de 2027 approche à grands pas. En l'état actuel, Moroni ne renvoie pas l'image d'une ville prête à accueillir un tel événement d'envergure régionale. Au quotidien, circuler dans la capitale relève du parcours du combattant. Aux embouteillages chroniques s’ajoute désormais l'état désastreux de la chaussée, ce qui complique lourdement la mobilité des usagers. Le sujet alimente toutes les conversations dans les transports publics et les taxis. De nombreux citoyens pointent du doigt l'inertie des autorités, ciblant en particulier le ministère de l'Aménagement du territoire.
« Je n'ai jamais compris pourquoi le gouvernement se mobilise pour réhabiliter les routes dans les régions tout en délaissant la capitale », s’indigne Abderemane, alias « Beress », chauffeur de bus sur la ligne Mbadjini-Moroni. « Certes, ces travaux régionaux sont légitimes et nous en remercions l'État, car tout le monde mérite de bonnes infrastructures. Mais la capitale devrait être la vitrine du pays et donc une priorité absolue. Il est impératif de rénover l'axe qui relie l’aéroport à Moroni avant le coup d'envoi des Jeux de 2027 », insiste-t-il. Même constat amer pour Mistoihi Salim, un autre chauffeur exerçant dans la capitale. Selon lui, les intempéries aggravent considérablement un réseau déjà impraticable.
« Il suffit de quelques gouttes de pluie pour que les nids-de-poule se transforment en véritables mares d'eau », déplore-t-il. « Je conduis une petite Toyota Vitz et, dans ces conditions, je suis souvent contraint d’arrêter de travailler. Au rond-point Buscail, par exemple, rejoindre Zilmadjou devient impossible dès que l'eau stagne sur la chaussée et bloque le passage des véhicules. L’État ne peut pas concentrer tous ses efforts sur les routes des régions périphériques en abandonnant Moroni. Notre capitale mérite un traitement digne. Si aucun plan de réhabilitation d’envergure n’est lancé avant les Jeux des Îles, il vaudrait mieux renoncer à l’organisation de cet événement », fustige-t-il, dans l’espoir que les autorités prennent conscience de l’enjeu de l’évènement que le pays s’apprête à accueillir.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC