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Insécurité à Koimbani-Oichili : Des hommes cagoulés sèment la violence

Insécurité à Koimbani-Oichili : Des hommes cagoulés sèment la violence © : HZK-LGDC

Depuis quelques jours, les villages de Koimbani et Sada Oichili, puis ses environs sont plongés dans un climat de peur et de terreur. Des hommes cagoulés, armés à l'arme blanche, errent la nuit dans les ruelles des quartiers éloignés, ciblant les résidents avec des actes barbares et violents.


Les témoignages affluents et les faits sont glaçants. Des femmes ont été agressées, des maisons ont été cambriolées en soirée et des jeunes ont été violemment attaqués. Les zones touchées s’étendent à différents quartiers, mais toutes partagent une caractéristique : l'éloignement du centre-ville. « Je l'ai échappé belle », raconte Mandata Ibrahim, une résidente de Koimbani Oichili, qui en allant rendre visite à son mari travaillant à GTE, une zone éloignée du village où se localise le sous-centre hospitalier régional, s'est retrouvée à deux doigts d'être agressée. « J'ai remarqué qu'un homme masqué me poursuivait, il était derrière moi et j'ai commencé à paniquer, j'ai alors appelé mon époux au téléphone pour lui demander de me rejoindre en route, mais plus je continuais à marcher plus j'avais l'impression qu'il s'en rapprochait accélérant le pas à son tour. Heureusement, j'ai rencontré un voisin du village qui était en train de fermer son atelier de soudure à cette heure-là, je l'ai appelé en criant son nom et en courant vers lui pour l'alerter. Celui-ci étonné m'a accueilli et m'a raccompagné ensuite. Puis l'homme s'est dès lors jeté, suspect, sous des buissons au bas de la rue et s'est volatilisé. »

 

Quatre maisons et un conteneur ont été attaqués en soirée mardi 25 novembre à Koimbani, selon un grand notable, qui affirme : « Pas moins de 4 maisons et un conteneur ont été cambriolés, c'est vraiment inquiétant !» Les attaques ont également inclus le vol d'un téléphone et la profanation d'un Coran dans des toilettes. La gendarmerie locale, avertie, est pour l'instant impuissante à identifier les agresseurs. L'opinion publique suspecte des wadjéni (étrangers), sauf que pour que ceux-ci repèrent les lieux aussi aisément, une complicité locale n’est pas à écarter. « J'ai encouragé des victimes à aller porter plainte, chose qu'ils ont fait auprès du poste de la brigade de la ville. Mais pour le moment aucune investigation, ni des rondes de la police municipale ne sont effectuées. », déclare Dhoulkifl Ahamada, un élément de la Gendarmerie natif de cette ville. Il a ajouté : « pour le moment, tout ce qu'on peut conseiller aux villageois c'est de rester vigilants et de fournir tout renseignement utile sur ces incidents. »

 

Une mère de famille partage sa détresse : «Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, c'est au petit matin que je me suis permise de dormir. » Expliquant que son quotidien risque d’en pâtir. Une vague de violence qui s'accompagne de menaces pour le moins bizarres, notamment le fait concernant les maisons attaquées : dans chaque résidence que ces agresseurs ont pénétré, ils ont pris soin de laisser expressément un couteau sur les lieux. Aussi, une tentative de viol a été signalée mardi 25 novembre en matinée. Une dame de Sada Oichili a été attaquée dans son champ par un inconnu cagoulé. La victime s'est défendue de toute force en criant et a fait fuir l'agresseur. Elle s'en est sortie avec des vêtements déchirés et quelques blessures.

 

Le lendemain, même scénario mais cette fois en pleine ville, dans la zone de Yilimni, une jeune élève de Sada, sortie de l'école privée Muhammadia de Irohé a été attaquée par un homme cagoulé qui a tenté de la violer sexuellement dans la journée. « J'ai crié haut et fort et des passants sont venus à mon aide, l'agresseur a pris la fuite », a-t-elle raconté. Un autre témoin a été cambriolé tard le soir, réveillé par des bruits de pas, il n'a pas osé réagir sur le coup : « J'ai vu des hommes cagoulés dans mon salon. Ils ont ouvert ma porte et ont commencé à fouiller ma maison. Ils ont volé un téléphone et un peu d'argent. »

 

Pour mettre fin à cette spirale de violence, des solutions urgentes s'imposent. Une présence policière permanente dans les ruelles, les quartiers éloignés, ainsi que des actions concrètes ciblées pour identifier et interpeller les agresseurs. Des actions qui pourraient dissuader les malfaiteurs de commettre ces actes odieux et offrir une sécurité aux habitants, tout en leur permettant de retrouver une vie de tous les jours plus sereine. En attendant, ces résidents vivent dans la peur, espérant que les autorités prendront les mesures nécessaires pour les protéger.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)

 


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