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Interview / Mahamoud S. Hafi, ministre de l’éducation nationale "Le champ est laissé à l’intersyndicale qui fait la pluie et le beau temps"

Interview / Mahamoud S. Hafi, ministre de l’éducation nationale © : HZK-LGDC

Dans une interview exclusive accordée à La Gazette/ Hzk presse, le ministre de l'Education nationale explique qu’il faut de l’envie et de la volonté pour sauver l’éducation qui est la base de tout développement. Mahamoud Salim Hafi promet des réformes « pour le domaine et pour le pays ».


Question : Quelques semaines après votre prise de fonction au ministère de l’Education, quel bilan faites-vous du ministère dont vous avez la charge ?

Salim Mahamoud Hafi : Je ne vais pas faire de bilan mais plutôt un constat qui est mitigé. Il y’a de l’espoir mais la tâche est rude. Vous savez que c’est un Ministère qui est essentiel dans le développement du pays surtout avec l’aspiration du Chef de l’Etat à l’émergence horizon 2030. Ma remarque, je vais la diviser en deux. Il y’a le côté cadre du Ministère sur l’administration mais aussi le côté terrain qui concerne plus les écoles primaires, collèges et lycées et Universitaire. Pour ce qui est de l’administration, je peux dire que le potentiel est là, il suffit juste de s'organiser. Au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, je constate que la tâche n’est pas facile et surtout avec ce problème de négligence de l’école publique dont la faute est à tout le monde.

Il est question d’un travail synergique et aucun parent ne s’intéresse réellement à l’éducation de son enfant, pas de conseil d’écoles, les élèves n’arrivent pas à s’organiser en collectif ou en association pour réclamer leurs droits mais le champ est laissé à l’intersyndicale qui fait la pluie et le beau temps. Il y’a aussi le côté pédagogique. Il faut que tout le monde s’y mette et que chacun assume ses responsabilités, le syndicat, les parents, les élèves et nous, l’Etat. Je n’accuse personne.

Question : Après les discussions entreprises entre le Ministre de l’Intérieur et le SNEUC, vous avez pris le relais et œuvré pour la sortie de crise à l’université. Pouvez-vous nous en dire plus ?

SMH : Il n’y a pas de miracle. La seule chose, c’est le dialogue. Tant qu’il y aura un dialogue, je pense que les choses se passeront bien. Quand j’ai pris le relais, mon collègue avait déjà fait le plus long du parcours et je l'en félicite. Pas de triche entre nous, je sais que les revendications sont là. Je ne dors pas tranquillement mais je sais qu’avec le dialogue, nous parviendrons à tous les objectifs.

Question : Dans le protocole d’accord que vous avez signé avec le syndicat, vous avez promis d’accompagner le Comité de gestion. Est-ce le cas jusqu’à ce jour?

SMH : Exactement ! On travaille ensemble et en commun accord. Je les reçois, on regarde les choses petit à petit mais vous savez, dans « accompagner », il y’a deux aspects. Il y’a le côté purement administratif et le côté financier. Et ici, je pense que tout se passe bien. J’ai le soutien du Chef de l’Etat qui les reçoit lui aussi et je lui fais part de l’évolution de nos discussions au quotidien. Notre objectif est de réformer l’Université et mettre en place des écoles techniques. Nous avons même prévu de transformer l’IFERE en ENS (Ecole Normale Supérieure) car beaucoup d’enseignants, certes diplômés, n’ont pas la didactique d’enseigner. Nous allons également identifier trois filières majeures et les diversifier sur les trois Îles pour lutter contre cette éducation insulaire. Je dis souvent que c’est une tâche qui n’est pas facile mais je suis convaincu qu’ensemble, on peut le faire. Il faut qu’on pense à réformer et à changer les mentalités des Comoriens. Il faut qu’on ait le courage, l’envie et la volonté pour aller de l’avant.

Question : Quel plan vous proposez pour mettre fin à la crise dans l'éducation?

SMH : Vous savez, la revendication majeure dans notre pays, c’est les avancements. Moi, je propose qu’on mette en place, à partir de la rentrée, un dialogue social où on va poser les vrais problèmes : les avancements, les quotas horaires, etc. Il faut que cela soit un dialogue permanent avec les syndicats et même les parents. Si on ouvre des lycées ou des collèges et qu’il n’y a pas d’élèves, alors il va falloir qu’on les ferme. Avec cette idée de communautarisme, chaque localité a une école privée ce qui complique encore plus le public.

Question : Est-ce que vous vous considérez comme l’homme de la situation ?

SMH : Non ! C’est prétentieux, c’est trop dire. Je ne suis pas l’homme de la situation par contre je suis du monde de l’éducation et je connais la maladie qui ronge mon monde donc si je suis là, c’est pour faciliter et trouver la solution avec mes collègues pour sauver notre monde.

Question : Vous avez promis d’ouvrir des Masters es des Doctorats, de faire construire des amphithéâtres à l’UDC. Comment comptez-vous vous y prendre ?

SMH : Déjà il y’a un amphi qui est en construction à Mvouni, c’est déjà pas mal et je sais qu’avant mon arrivée à la tête de ce ministère, il y’a eu des protocoles signés avec des Pays partenaires comme le Japon, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes-Unis pour aller dans cette optique. Maintenant, ce qu’on doit faire, c’est de capitaliser les connaissances et l’intellectualisme car nous avons des grands diplômés dans plusieurs les domaines.

Question : Le nouveau bureau a annulé toutes les affectations de l’ancien Président par intérim et selon nos sources, il serait accusé de malversation. Qu’est-ce que vous pouvez en dire ?

SMH : Je commence par balayer toute accusation. L’une des missions du Comité, c’est d’auditer l’institution. Il y aura un audit administratif et un autre audit qui sera financier donc si on l’accuse de malversation, ça sera déterminé.

Les affectations annulées par le Comité sont des affectations punitives, arbitraires. Je ne suis pas de l’administration donc je ne vais pas m'étaler dessus. S’ils font bien les choses, ils seront félicités et s’ils le font mal, ils vont l'assumer. Il ne faut jamais abuser, ça je ne pardonne pas.

 

Propos recueillis par

A.O Yazid et Oustadh


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