La journée du 8 mars est dédiée exclusivement aux droits de la femme. La Gazette des Comores a rencontré Hilma Ali Bay, jeune entrepreneuse et patronne de la société GSO, une boutique en ligne de vêtement de seconde main, capable de fournir le confort à tout genre de clientèle à faible revenu. Pour elle, c’était un vrai défi d’imposer un nouveau mode de consommation mais aujourd’hui le bilan est positif, car depuis octobre 2020 à aujourd’hui, elle a plus de 1000 membres très réactifs et des promos commerciales qui ont innové.
Question : « Égalité aujourd'hui pour un avenir durable », que signifie ce thème pour vous ?
Hilma Ali Bay : Le thème choisi cette année est essentiel. Il nous apprend qu’on doit prendre conscience que les femmes sont des éléments indispensables à la conception d’un futur prospère pour tout un chacun. Ces dernières représentent 50% de la population donc 50% de possibilité d’avoir un impact dans la société.
Question : Vous êtes nouvelle entrepreneure, quelles sont les difficultés que vous rencontrerez en tant que femme et les moments forts de votre entreprise ?
H.A.B : En tant que femme entrepreneuse, la difficulté principale est de concilier vie de famille et vie professionnelle. D’autant plus que je suis salariée ! C’est une réalité, aux Comores la plupart des entrepreneurs le font sur un coup de passion mais doivent garder une sécurité à côté. C’est une réalité que l’on vit et c’est encore plus vrai lorsqu’on est une femme. Mon ambition est que dans un futur proche je puisse en faire une activité rentable et créatrice d’emploi pour mes concitoyens. Je tiens aussi à préciser que si je suis là aujourd’hui malgré les contraintes c’est parce que j’ai le soutien de mon conjoint, de ma famille et de mon équipe. Pour mon entreprise, le moment fort c’est la prise de conscience. Il y a un réel problème dans la consommation locale avec des prix exorbitants, des vêtements importés et qui viennent engorger les décharges qui engendre des conséquences environnementales. Aujourd’hui je redonne une seconde vie à des vêtements tout en gagnant de l’argent. Cela était un vrai défi d’imposer un nouveau mode de consommation mais aujourd’hui le bilan est positif car en octobre 2020 à aujourd’hui, nous avons plus de 1000 membres très réactifs et des promos commerciales qui ont innové.
Question : Pourquoi le choix du numérique ?
H.A.B : J’ai toujours évoluée dans le monde de la technologie. Je suis diplômée en ingénierie électronique et programmation dans le monde numérique. C’est un métier à priori réservé aux hommes. Cependant, je suis une preuve vivante que la femme peut aussi s’imposer. J’ai réussi à me positionner dans ce secteur, aujourd’hui, j’allie ma passion pour les vêtements et mon envie de contribuer à quelque chose de nouveau avec l’appui du digital parce que je connais le pouvoir du digital et sa capacité à donner accès à de nouvelle structures innovantes et de toucher un grand nombre de clients cibles.
Question : Comment vous combinez vie professionnelle et personnelle ?
H.A.B : Ce n’est pas évident tous les jours mais j’ai la chance d’avoir un mari et une famille sur laquelle je puisse m’appuyer pour entreprendre et qui comprennent ma passion pour l’entreprenariat. Je suis une épouse, une maman, une salariée et une entrepreneuse donc combiner vie professionnelle et personnelle pour ma part c’est plus des concessions, une bonne organisation. J’exploite au maximum chaque jour et chaque heure et j’essaye de m’entourer de gens surs et m’éloigne au maximum des esprits négatifs. Il y a toujours des imprévues, mais grâce aux soutiens sans faille des miens dont je ne peux que remercier je peux avancer sereinement et continuer encore longtemps à m’épanouir dans ce que je fais.
Question : Et selon vous, comment inciter les femmes à entreprendre davantage ?
H.A.B : Pour que les femmes puissent entreprendre, il est important qu’elles puissent avoir des rôles, modèles qui l’inspirent. On n’a réellement pas besoin d’avoir des compétences exceptionnelles ou un diplôme extraordinaire pour entreprendre. On le sait que les femmes comoriennes sont des femmes entrepreneuses innées puisque depuis la nuit des temps elles contribuent au foyer grâce à la fabrication d’objets artisanaux ou même la pâtisserie. Les femmes entreprennent, la réalité est là. Maintenant la question est de comment faire pour poser un cadre suffisamment sécurisant pour qu’elles osent entreprendre de façon plus ambitieuse et plus d’impact dans l’économie du pays. Surement, la nouvelle génération apporte de la nouveauté avec plus d’élaboration, mais les femmes comoriennes ont toujours été présentes dans l’activité entrepreneuriale. Donc en conclusion la question la plus pertinente c’est comment les accompagner pour qu’elles puissent impacter la société et l’environnement des affaires.
Propos recueillis par Andjouza Abouheir
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC