La Gazette

des Comores

Interview : Quatrième cycle d'EPU : Les Comores envisagent un plan de suivi pour une mise en œuvre progressive

Interview : Quatrième cycle d'EPU : Les Comores envisagent un plan de suivi pour une mise en œuvre progressive © : HZK-LGDC

La question des droits de l'Homme, et particulièrement les conditions dans lesquelles vivent les détenus, est au cœur des recommandations du 4e cycle de l'EPU (Examen périodique universel) émises récemment à Genève. Le délégué national en charge des droits de l'Homme Youssouf Ismaël, a accordé à La Gazette des Comores une interview pour évoquer cette question pour le cas des Comores.


Question : Selon vous, en tant que délégué national, quelle est la position des Comores après les recommandations issues du 4ème cycle de l’EPU ?

 

Youssouf Ismaël : Les Comores accordent une importance particulière au mécanisme de l’Examen périodique universel, qui constitue un outil essentiel de dialogue et d’amélioration continue de la situation des droits de l’homme. À la suite dudit examen, les recommandations acceptées par le Gouvernement doivent faire l’objet d’un suivi structuré et coordonné. Et nous travaillons pour renforcer ce mécanisme national et définir les responsabilités de chaque institution concernée pour élaborer un plan d’action permettant d’assurer une mise en œuvre progressive et cohérente des recommandations acceptées. Puis de préciser que nous sommes dans une phase de collecte des données à travers les différents départements ministériels et un atelier d’élaboration et d’évaluation est prévu en novembre prochain pour constituer un rapport à mi-parcours pour la première fois dans l’histoire de notre pays.

 

Question : Quels sont actuellement les principaux défis pour le pays, à relever en matière de droits de l’Homme ?

 

Y.I : Les défis sont multiples et doivent être abordés de manière globale. Ils concernent notamment la protection de l’enfant, la lutte contre les violences basées sur le genre, le renforcement des capacités institutionnelles.  Nous devons également améliorer la collecte et la disponibilité des données relatives aux droits de l’homme afin de permettre une meilleure formulation des politiques publiques et un suivi plus efficace des engagements internationaux.

Toutefois, les Comores restent confrontées à des défis qui nécessitent des efforts constants. Notre approche consiste à identifier ces défis, à renforcer les capacités nationales et à mettre en œuvre progressivement des mesures concrètes et durables. 

 

Question : Cependant comment abordez-vous l'épineuse question des conditions de vie en milieu carcéral ?

 

Y.I : La question des conditions carcérales mérite une attention constante de la part des autorités. Les personnes privées de liberté conservent leurs droits fondamentaux, sous réserve des restrictions inhérentes à leur situation juridique. Les efforts portent notamment sur l’amélioration des conditions matérielles de détention, l’accès aux soins, le respect des garanties judiciaires et le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi. Le gouvernement a pris l’engagement de construire des nouvelles maisons d’arrêt dans les trois îles afin d’améliorer d’avantages les conditions de détention. Le gouvernement reste donc engagé à poursuivre ses efforts pour construire une société fondée sur la dignité humaine, la justice, l’égalité, la solidarité et le respect de l’État de droit.

 

Question : Avez-vous la conviction que la délégation nationale des droits humains joue pleinement son rôle ? 

 

Y.I : La Délégation a été instituée par décret présidentiel n°01-76 de juin 2021 et placée sous l’autorité du ministère de la justice. En effet, elle contribue à la coordination des actions gouvernementales dans le domaine, à la sensibilisation, au dialogue avec les partenaires nationaux et internationaux ainsi qu’au suivi des engagements internationaux du pays. Elle joue également un rôle dans le processus d’élaboration et de suivi des rapports destinés aux organisations internationales et régionales des droits de l’homme.

 

Question : Par décret n°26-082/PR du 21 juillet 2026, le Président de la république a créé le Comité Interministériel d'Élaboration des Rapports et de Suivi (CIMERS). Selon vous pourquoi ce Comité Interministériel et quel est son rôle ?

 

Y.I : Le Président a créé ce comité pour renforcer la coordination interministérielle et assurer une meilleure appropriation nationale des engagements pris dans le cadre de l’EPU. Ce mécanisme national permet également d’assurer la continuité du travail au-delà de la seule préparation du rapport national. Il permet d’identifier les institutions responsables de chaque recommandation, de définir des échéances, de suivre les progrès réalisés et de faciliter la production de données permettant d’évaluer les résultats.

 

Propos recueillis par Kamal Gamal

 

 


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