La Chine, l’Union Européenne, les États-Unis ou encore la Turquie doivent s’y faire. Les pays du Golfe sont en train de grignoter, si ce n’est carrément damer le pion à ces puissances traditionnellement implantées en Afrique. En moins de 10 ans, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a plus que doublé ses investissements en Afrique, passant de 57,7 milliards de dollars à 121 milliards de dollars. Une pénétration fracassante, quand on connait la mainmise qu’ont les puissances citées plus haut sur le continent depuis de nombreuses années.
C’est dans un rapport de la Banque Africaine des Investissements (Afreximbank) rapporté par nos confrères de Tunisie Numérique et intitulé « L’augmentation des investissements des pays du Golfe en Afrique : saisir les opportunités et relever les défis », que l’on peut lire cette nouvelle tendance dans le commerce et les investissements mondiales. Et le journaliste de nous donner des précisons sur la nature des sommes en jeu : « Les échanges commerciaux entre le continent africain et cette partie du monde sont montés à quelque 121 milliards de dollars en 2023 et sans doute davantage en 2024 ».
A en croire, Souleymane Loum le journaliste qui a écrit l’article, de 2012 à 2022 les investissements des pays du Conseil de Coopération ont dépassé les 100 milliards de dollars avec en tête du peloton les Emirates Arabes Unies. « Entre 2012 et 2022, les investissements directs des 6 monarchies pétrolières en Afrique ont excédé 100 milliards de dollars. Avec 59,4 milliards de dollars durant cette période, les Emirats arabes occupent la première place des IDE, viennent après l’Arabie Saoudite (25,6 milliards de dollars) et le Qatar (7,2 milliards de dollars) ». Une étude confirmée par le site Africanews.fr sur le rôle majeur des Emirats pour ses investissements africains. « les Émirats Arabes Unis demeurent en pole position des investisseurs du Golfe en Afrique, suivis par l'Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït. L'attraction de l'Afrique pour les Émiratis se double d'un intérêt croissant des entrepreneurs africains envers cet État du Golfe, où plus de 21 000 entreprises du continent sont déjà implantées ».
Si les Comores ne font encore pas partie du peloton de tête des pays bénéficiaires des investissements des pays arabes en Afrique, grâce au projet Smart City, ces derniers veulent faire des Comores une rampe de lancement de leurs investissements à travers tout le continent. « A faire de Moroni un hub des investissements privés arabes vers l’Afrique et la principale plateforme de la finance islamique en Afrique. Ce centre financier à vocation de couvrir une large gamme de services financiers, notamment des services d’investissement transfrontaliers, des services bancaires internationaux aux particuliers, des services de gestion transfrontalière d’actifs, des services internationaux d’assurances de « fintech », lit-on sur le rapport pays de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour l’exercice 2023. Une idée que l’on retrouvait déjà sur le Plan Comores Emergent. « L’Union des Comores ambitionne donc de devenir à l’horizon 2030 un hub de services financiers au sein de l’Océan indien par la mise en place d’une zone financière spéciale, Moroni Finance Smart City, à la croisée de l’Asie qui dispose des financements et de l’Afrique qui sera le terrain des grands projets d’investissements de ce siècle».
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC