Les journalistes comoriens à l'instar de leurs confrères du reste du monde ont célébré hier jeudi à Ntsoudjini la journée de la presse. Une occasion pour les organes de presse de faire le constat sur l’évolution de la profession. Cette année l'accent a été mis sur la carte professionnelle et la liberté d'expression.
Ils étaient nombreux, journalistes, auxiliaires des médias et quelques personnalités politiques à prendre part à la marche marquant la célébration de la journée de la presse. Une fête qui a été délocalisée cette année à Ntsoudjini pour être plus près de la population comme l'a souligné dans son intervention Mohamed Soilihi Ahmed, du journal Al Watwan.
Comme chaque année, les organisateurs confient le discours à un organe, cette année honneur a été fait au nouveau venu le quotidien Masiwa, notamment son tout jeune rédacteur en chef Toufé Maecha qui étalera les difficultés qu'endure le journaliste comorien et surtout une année 2017 avec son cortège de pression que ce soit sur des journalistes poursuivis ou des médias fermés.
« Cette année, Reporters sans frontière a placé notre pays en 49e position sur 180 pays. C'est une bonne position dont nous avons toutes les raisons de nous réjouir. Même si nous avons perdu cinq places par rapport à l'année dernière. Même si le rapport de cette organisation mondiale des journalistes souligne une des caractéristiques des journalistes comoriens : l'autocensure pour éviter les ennuis avec les autorités politiques », a-t-il déclaré.
En l'en croire, malgré ce classement mieux noté et le fait qu'il n'y a aucun journaliste en prison à ce jour, « un journaliste est aujourd'hui traqué et doit se cacher : Abdallah Abdou Houssein, alias Agwa. Il subit en permanence la pression du gouvernement depuis un an et malgré un procès qui lui a donné raison, des gendarmes ont été envoyés pour lui confisquer son matériel de travail ».
Toufé Maecha a dénoncé la pression du gouvernement qui est faite à radio Kaz qui diffuse régulièrement les chroniques d’Agwa. « Nous souhaitons ainsi rendre hommage au journal Al Watwan et son directeur qui ont résisté avec courage à la tentative d'éviction du jeune juriste qui ose faire des analyses des textes juridiques et éclairer l'opinion », a-t-il souligné.
Un mot pour les neuf journalistes tués dans l'exercice de leur métier le 30 avril dernier dans un attentat à la bombe à Kaboul. Encore une fois, les autorités étatiques et insulaires ainsi que les personnalités politiques et civiles ont boudé l’événement.
Maoulida Mbaé
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