C'est à Koimbani, dans la région d’Oichili, que la Journée internationale des enseignants a été célébrée ce lundi 6 octobre. Initialement prévue le 5 octobre, cette 60ème édition mondiale, placée sous le thème « Au côté du personnel enseignant, 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner le futur », a réuni enseignants, élèves, parents et autorités locales. Un événement présenté comme le premier du genre aux Comores, organisé par les enseignants et enseignantes des régions de Oichili et Dimani, en présence du ministre de l'Éducation Nationale, Bacar Mvoulana.
La cérémonie s'est ouverte avec le mot de bienvenue de Saïd Ibrahim, professeur d'arabe. Il a rappelé la notion de l'importance de l'intellect et la noblesse du métier d'enseignant, tant en humanité que dans l'islam. Très appréciée, l'intervention de l'élève Hadidja a donné le ton de la journée. Au nom de ses camarades, elle est revenue sur le concept même de cette journée, les attentes du corps enseignant en termes de dignité, de considération du gouvernement et de valorisation. Elle a également insisté sur la contribution des enseignants à la lutte contre les violences en milieu scolaire et sur la responsabilité partagée entre élèves et professeurs. « Merci pour votre patience, vos sacrifices, vos conseils », a-t-elle lancé, avant de saluer la présence du ministre comme un témoignage de considération pour un métier dont il fait lui-même partie. S'adressant directement à Bacar Mvoulana, professeur de mathématiques devenu ministre, elle l'a interpellé : « Portez auprès du gouvernement les demandes du corps éducatif ». Pour Hadidja, le message est clair : « Valoriser l'éducation c'est investir dans le futur du pays ».
La touche culturelle n'a pas manqué. Un shanyiri spécialement préparé pour l'occasion a été porté et chanté par des élèves en chœur. Le moment fort est resté l'allocution du ministre Bacar Mvoulana. Venu « simplement, sans costume », comme il l'a lui-même souligné, il a voulu se présenter non comme ministre, mais comme enseignant. « Avant d'être ministre je suis enseignant et je le dis avec fierté. J'ai exercé, je connais votre métier, je connais la réalité », a-t-il déclaré devant le préfet, le député, le maire et les notables de Oichili. Assumant les difficultés, il a lancé la phrase qui a marqué l'assistance : « Je sais que tout n'est pas parfait ! » Le ministre a reconnu les nuances des difficultés que traverse le secteur, tout en défendant le bilan des réformes engagées. Selon lui, ces réformes portent déjà leurs fruits. De nombreuses difficultés sont en passe d'être résorbées et le taux de réussite aux examens nationaux est en nette hausse. Il a par ailleurs souligné des avancées significatives concernant les salaires des enseignants.
Mais c'est sur sa proximité avec ces derniers qu'il a le plus insisté, avec une formule très personnelle : « Je n'oublie pas que mes fonctions actuelles sont passagères. Mais mon métier d'enseignant, lui, demeure. Sachez que nous sommes dans le même bateau : demain, lorsque je ne serai plus ministre, je reprendrai le chemin du lycée. » Il a poursuivi : « Nous nous voyons, nous savons ce que vous faites. Nous connaissons les sacrifices que vous acceptez. Et nous savons que sans vous, aucune réforme éducative ne peut réussir. » Il s'est engagé à « continuer à agir pour améliorer les conditions de travail, renforcer la formation, améliorer l'encadrement pédagogique, mieux accompagner les carrières ».
Et de rappeler sa conviction profonde : « L'école, c'est d'abord l'enseignant et l'élève. Les bâtiments sont importants, les équipements sont importants, le numérique est important, mais derrière tout cela, il y a toujours un enseignant face à un élève. » La cérémonie s'est achevée dans une ambiance de communion, entre hommages, revendications et espoir d'une école comorienne davantage valorisée.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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