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des Comores

Journée du 8 mars Des femmes et des droits

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Journée du 8 mars Des femmes et des droits © : HZK-LGDC

De nombreuses choses ont été faites dans le combat pour les droits des femmes, mais autant sont à faire. A l’occasion de cette journée internationale célébrée ce 8 mars, La Gazette des Comores/Hzk presse a rencontré Hairiat Abdourahmane, Bacar Nawiya et Armel Azihar sly-vani. Trois profils différents mais qui, derrière défendent la même cause.


Hairiat Abdourahmane

Hairiat Abdourahmane, la vingtaine, est à la fois footballeuse et infirmière de formation. Bien qu'elle soit passionnée par le sport, en particulier le football, celle que l'on surnomme Maradona ne se limite pas à cela pour vivre et survivre. « Pour moi, le football est inné. Je ne saurais dire qui m'a appris à jouer », confie-t-elle, se remémorant son premier match qui lui a valu le surnom du dieu argentin du football, Maradona.

De la défense des droits des femmes à sa passion, en passant par son travail, ses valeurs morales et la culture de son pays, Hairiat Abdourahmane jongle habilement avec ces différentes facettes de sa vie. « Je n'ai jamais eu de difficulté à concilier ma passion pour le football et mon travail », affirme-t-elle, ajoutant que dans sa jeunesse, elle a connu des désaccords avec son père. « Quand j'étais jeune, mon père m'interdisait de jouer au football de peur que cela n'affecte mes études. Aujourd'hui, il est compréhensif, car j'ai atteint mes objectifs », raconte-t-elle.

S'adressant à toutes les femmes, Maradona encourage à ne pas s'enfermer et surtout à pratiquer le sport sans négliger les études. « En tant que femmes, notre durée dans le monde du sport est souvent limitée. Cependant, nous devons trouver un travail qui nous rende autonomes, car cela fait partie de nos droits », explique cette footballeuse et infirmière. Elle reconnaît également que les droits des femmes comoriennes sont de plus en plus reconnus. Selon elle, « contrairement au passé, aujourd'hui, nous pouvons être fières que les femmes comoriennes occupent de plus en plus de postes à responsabilité, que ce soit dans le secteur privé ou public ».

 

Bacar Nawiya

« Très heureuse que nous célébrions cette journée, symbole des combats menés, de ceux que nous menons et de ceux à venir », nous fait savoir Bacar Nawiya. Artiste, slameuse et écrivaine, native de Mitsoudje, elle est également comptable, ayant effectué de longues études à Dakar au Sénégal après avoir obtenu sa licence à l'Université des Comores. En tant qu'artiste engagée, Nawiya considère le 8 mars comme un renouvellement des vœux pris pour faire valoir les droits des femmes. « J'aimerais que cette idée limitée selon laquelle les droits des femmes se résument à la lutte contre les VBG (Violences basées sur le Genre) soit détruite. Nous avons de nombreux droits qui ne nous sont pas accordés, et c'est pourquoi nous nous battons », souligne l'auteure de "Le Temps d'un Slam".

Bien qu'elle reconnaisse que certains droits, tels que la liberté de voter, de travailler, de conduire ou d'aller à l'école, sont effectifs, Nawiya fait savoir que cela n'est que la partie visible de l'iceberg. « Il reste beaucoup à faire. Il nous manque, par exemple, un meilleur état de santé, la lutte contre les discriminations ou les inégalités en milieu professionnel, entre autres », conclut-elle.

Armel Azihar Sly-vani

Comme tant d'autres femmes, Armel Azihary Sly-vani combat pour les droits des femmes. Cette dernière pense que le 8 mars est une journée à commémorer « non pas seulement pour les femmes, mais pour l'humanité en général ». Diplômée en Interprétation de Conférence, Armel Syla est une activiste pour l'égalité des genres, l'éducation et les droits de l'homme, et selon elle, « le 8 mars est une journée qui doit être célébrée tous les jours et toute l'année, car les filles et les femmes sont des piliers essentiels dans notre société et pour le développement de nos communautés et de notre pays ».

Joueuse de football et actuellement responsable du football féminin à la Fédération du football des Comores, cette jeune femme de 28 ans appelle les jeunes femmes leaders à tendre la main et à se battre pour plus de réussite et de liberté.

Consciente que le chemin reste long à parcourir, Armel laisse entendre qu'il y a du pain sur la planche. « Pour défendre les droits de la femme comorienne, nous devrions commencer par la base, c'est-à-dire sensibiliser et former les femmes de manière à ce qu'elles arrivent à bien connaître leurs droits et à savoir comment les revendiquer », explique-t-elle, affirmant que ce manque de sensibilisation reste le principal problème à résoudre. « Si nous parvenons à éradiquer cela, la femme comorienne sera bien libre et épanouie », conclut-elle.

Par A.O

 


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