À l’occasion de la journée internationale de la philosophie, le collectif des enseignants de philosophie d’Anjouan a organisé, le week-end dernier à Bimbini, une rencontre de réflexion consacrée à l’intelligence artificielle. Interlocuteur central de cet échange, Ankili Mahamoud a défendu une position sans ambiguïté : l’IA ne constitue ni une menace ni un substitut à l’enseignant, mais un outil pédagogique devenu incontournable.
« L’intelligence artificielle permet d’améliorer les capacités des enseignants comme celles des apprenants. Malgré les critiques exprimées ici et là, son usage est désormais inévitable », affirme Ankili Mahamoud, professeur de Philosophie à Anjouan. Selon lui, le véritable défi réside moins dans l’existence de ces technologies que dans leur accompagnement et leur utilisation responsable, afin notamment de rassurer les parents, parfois déstabilisés par la rapidité de ces transformations.
Placée sous le thème « Tradition et innovation : penser la continuité humaine à l’ère de l’intelligence artificielle », cette journée de réflexion autour de l’IA à l’occasion de la journée internationale de la philosophie s’est tenue pour la première fois à Bimbini, après avoir été organisée lors des éditions précédentes à Ouani. Un choix mûrement réfléchi. « Il s’agit d’un processus de maturation », explique Ankili Mahamoud. Trois ans après le lancement de l’initiative, le collectif a souhaité élargir l’expérience. L’idée est venue du jeune proviseur du lycée annexe de Bimbini, Farham Ibrahim Attoumane, lors des corrections du baccalauréat 2025. Le bureau exécutif de la Sophie Anjouan a ensuite donné son accord, mettant en place un dispositif d’organisation et de suivi permanent. Le pari est réussi : Bimbini a placé la barre très haut. Et l’élan se poursuit déjà, puisque Bambao Mtrouni est pressenti pour accueillir l’événement l’an prochain.
Pour Ankili Mahamoud, un cap important reste toutefois à franchir. « Les autorités éducatives doivent s’approprier cette initiative. Pour l’instant, elle repose uniquement sur le collectif », déplore-t-il. Face aux mutations profondes de la société, l’enseignant appelle l’État à s’engager davantage dans l’intégration réfléchie de la question de l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires. Car penser l’IA, conclut-il, « c’est avant tout repenser l’humain, ses valeurs et ses responsabilités ».
Younes
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