La Gazette

des Comores

Journée internationale de la presse Le SNJC fustige un climat délétère

Journée internationale de la presse  Le SNJC fustige un climat délétère © : HZK-LGDC

Bien que les Comores aient gagné un point dans le dernier classement de RSF, soit 83e place sur 180 pays, le syndicat national des journalistes dénonce un climat délétère, marqué par des arrestations, des censures, des licenciements, etc. Il exige des pouvoirs publics la protection des journalistes pour un environnement sur et respectueux.


Comme chaque année, la journée mondiale de la presse est célébrée le 03 mai dans le monde. A Moroni, elle a été célébrée hier mercredi 04 mai à cause de la fête de l’Aid El Fitr qui a eu lieu le 03 mai. Cette année le thème retenu est « le journalisme sous l’emprise du numérique ». Et bien que ce thème ne reflète pas à la réalité locale, le syndicat national des journalistes aux Comores fait le constat de la naissance des medias sociaux qui mérite aujourd’hui un regard particulier sur la manière d’exercer. Dans sa déclaration, la présidente du SNJC Faïza Soule Youssouf mise sur la formation de ces medias pour une information juste et vérifiée.

« Nous réfléchissons au format qui servira de cadre pour que tous les journalistes, les administrateurs puissent être formés pour une information juste, vérifiée et qui répondra aux exigences de la profession. C’est une urgence, c’est l’une des urgences, il me semble de la profession. Nous devons encadrer ces jeunes qui je crois aiment ce métier», souligne-t-elle.

Selon toujours le syndicat, le climat dans le pays est « particulièrement délétère » pour les journalistes. Il y a encore beaucoup de censure, ou pire encore de l’autocensure, des licenciements, des menaces, de l’intimation, etc. «  Il n’y a pas plus facile, plus normal. J’ai envie de dire, que de bouffer du journaliste, vous me passerez l’expression. J’ai là, en ce moment une forte pensée pour mon prédécesseur à ce poste Ali Abdou dont la mort survenue en décembre 2020 n’a jamais été élucidée. Pire, le procureur de la république de l’époque avait clairement fait comprendre que sa mort était naturelle alors qu’un faisceau d’indices indiquaient le contraire. Notre consœur Hayatte Abdou a publié quelques semaines après le décès, un article fouillé sur le drame, lequel aurait dû relancer l’enquête. Le précédent bureau a été reçu à cet effet par l’actuel parquetier et encore aujourd’hui, on ne sait pas de quoi et pourquoi est mort notre confrère. Rien n’est plus facile que de menacer, que de suspendre, que de licencier, que d’arrêter un journaliste….. Que devons-nous comprendre ? Que l’agression d’un journaliste ne vaut pas une déclaration ? », martèle la présidente avant d’ajouter que « nous aspirons comme vous tous à travailler dans un environnement sûr et respectueux de nos droits. Nous demandons aujourd’hui aux pouvoirs publics, nous exigeons de leur part plus de protection. Nous demandons aux forces de l’ordre de nous protéger chaque fois que les circonstances l’exigeront ».

Andjouza Abouheir

 


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