La Gazette

des Comores

Journée Internationale des droits de l’enfant / Les enfants dans la rue pour leurs droits

Journée Internationale des droits de l’enfant / Les enfants dans la rue pour leurs droits © : HZK-LGDC

Célébrée depuis le 20 Novembre dernier, la journée Internationale des droits de l’enfant a été célébrée par l’école Application hier en début de matinée. En partenariat avec les associations telles que Mwana Tsi wamdzima, Hifdhui et CAP, la direction de l’école primaire salue l’initiative.


Dans un entretien accordé à La Gazette à cette occasion, Mme Kamaria Mohamed, directrice de l’école primaire Application de Moroni a passé en revue la situation que traversent les élèves et leurs enseignants dans ce lieu plein d’histoire. « Aujourd’hui, c’est l’enfant qui a pris la parole », lance d’emblée la directrice de l’école Foundi Said Mnémoi. Kamaria Mohamed qui montre que l’école a pris tout son temps pour célébrer cette journée historique et internationale dans le seul but d’être en mesure de préparer les enfants (jeunes d’à peu près 10 ans) pour qu’ils prennent la parole. « Pour réagir contre tout ce qu’ils subissent et réclamer les droits, vous les avez vu envahir les rues de la capitale », avance-t-elle en montrant que ceux qu’on a vu ne sont que ceux de la fin du cycle primaire (CM1 et CM2).

 

Noble coïncidence, la journée est commémorée quelques jours après celle des personnes handicapées (honorée le 3 décembre). A cet effet, la directrice a rappelé que dans la foule des 243 élèves qui ont marché sur Moroni, il y avait des enfants handicapés, physiquement ou mentalement, qui ont marché et réclamé aussi leurs droits. « Nous avons un bon nombre d’enfants handicapés dans notre structure et ils sont bien accueillis et traités comme tous les autres », explique la directrice. Selon elle, ces personnes handicapées doivent être dans des écoles inclusives (spécialisées en la matière, avec tout ce qui va avec) mais à défaut de ces dernières, il y’a obligation.

 

« Nous avons des enfants sourds, des enfants sans mains ou avec une béquille. Mais les instituteurs font de leurs mieux pour les intégrer car tout enfant a droit à une éducation », s’est-elle exclamé. Et d’ajouter que : « Nous avons toutes les structures dans notre école pour les enfants handicapés. L’école Application et l’EPP de Bangoi Nkouni vont bénéficier d’un programme de l’Unicef allant aussi dans ce sens pour la construction d’un centre spécialisé », annonce notre interlocutrice.

 

Habituée à un effectif de 1000 élèves, l’école Application comptabilise aujourd’hui 800 de la maternelle au CM2. Pour la gérante, cette régression est le fruit de l’ouverture d’écoles privées dont certaines ne répondent pas sur la qualité de l’éducation surtout vis-à-vis des enfants du primaire. « A Moroni, nous avons à peu près 9 écoles primaires publiques en plus des écoles privées. Donc si on se retrouve avec un effectif de 800 élèves, cela prouve de la qualité de l’école Application et des dispositions prises », montre-t-elle.

 

La natif de Moroni explique que pour ce qui est des compétences des enseignants, les parents n’ont rien à craindre mais regrette qu’il n’y ait pas de recyclage régulier pour ces derniers. « C’est grâce aux efforts de toute l’équipe allant des enseignants à l’administration que l’école Application a un renom aujourd’hui. Nous prenons les choses à bras ouverts et travaillons pour le bien de nos enfants et nos petits-enfants et cela on le fait du fond de nos cœurs », s’est-elle exprimée. Cette école est l’une des premières à voir le jour dans l’archipel, à la fin des années 40, et a formé plusieurs générations.

 

Pour finir, la directrice appelle solennellement les parents à accompagner les efforts que fournissent les écoles et les enfants dans leur réussite. En effet, Kamaria a montré que de nos jours, un bon nombre d’enfants sont victimes de violence, agression sexuelle et/ou attouchement. Et à l’école Application, ces choses-là n’en reviennent pas. Kamaria Mohamed a, toutefois, évoqué deux cas dont un l’année dernière et un autre seulement pour cette année en cours. « Les présumés coupables ne sont ni des enseignants ni des personnes de l’administration », explique celle qui va montrer que les parents, malgré leur manque de temps, doivent suivre leurs enfants. « Nous avons des enfants, certes, démunis et non suivis par leurs parents. Ils passent tout leur temps ailleurs. Ils ne savent pas si leurs enfants sont rentrés ou pas et à quelle heure. Nous pouvons les comprendre car ce n’est pas facile », regrette Kamaria Mohamed avant de montrer que l’école Application fait tout le nécessaire pour lutter contre ce fléau et pas seulement pour leurs quelques 800 élèves mais pour tous les autres enfants victimes de maltraitance.

 

A.O Yazid

 

 


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