La Gazette

des Comores

Justice : 10 individus poursuivis pour proxénétisme et prostitution

Justice : 10 individus poursuivis pour proxénétisme et prostitution © : HZK-LGDC

Sept femmes d’origine malgache et trois hommes dont deux Comoriens ont comparu hier devant le tribunal correctionnel de Moroni pour des faits de fornication, prostitution, proxénétisme et outrage à l'ordre public. Les sept femmes se sont exprimées timidement dans leur langue maternelle, avec l'aide d'un traducteur du parquetier.


Lundi 06 février, 10 individus ont 7 femmes d’origine malgache et 3 hommes dont 2 Comoriens ont été arrêtés par la police à Moroni. Devant le tribunal correctionnel, le substitut du procureur a rappelé que ces individus ont été arrêtés et poursuivis par le parquet pour les faits de prostitution, proxénétisme, fornication et outrage à l'ordre public et atteinte à la pudeur.  Le ministère public a insisté que la loi doit être appliquée à ces suspects. Devant le tribunal, les mis en cause ont tous nié les faits qui leur sont reprochés. Les femmes ont expliqué qu'elles avaient été arrêtées chez elles, certaines en train de dormir et d'autres en plein dîner. L'une d'elles a précisé qu'elle avait été arrêtée par la police sur le chemin du retour de chez elle.

 

Les trois hommes suspectés dans la même affaire, dont deux d'origine comorienne, ont également nié les faits. Pour se défendre, l'un d'eux, Anchidine Izdine, a déclaré qu'il a été arrêté par la police à 21h à Malouzini alors qu'il allait chercher du pétrole. Le suspect, père de famille, a pleuré en salle d'audience, utilisant ses habits comme mouchoir pour essuyer ses larmes. Le parquet a souligné que les trois chefs d'inculpation sont fondés sur tous les suspects. Dans ses réquisitions, le ministre public a demandé à ce que la loi soit appliquée à tous. Dans sa plaidoirie, Me Ahamed Youssouf, avocat de la défense, a expliqué que les infractions ne sont pas fondées. Il a démontré que pour le fait de proxénétisme, il faut un « patron » qui « vend et exploite » ses clients, ce qui n'est pas le cas dans toute l'enquête judiciaire.

 

Les avocats de la défense ont également expliqué que l'accusation de fornication nécessite deux personnes pour le faire, d'accepter d'avoir fait l'acte et deux témoins qui ont vu à l'œil nu la pénétration d'un sexe masculin dans un sexe féminin. En soulignant que l'infraction d’trouble à l'ordre public indique une « exposition publique » d'une des infractions, ce qui n'est pas le cas chez leurs clientes : « Aucune de nos clients ne s’est exposée publiquement. Raison pour laquelle nous estimons que les infractions de trouble à l'ordre public et d’atteinte à la pudeur ne sont pas fondées ». Me Fahad Abdallah a souligné que le code pénal comorien ne contient aucun article parlant de la prostitution. Les avocats de la défense ont demandé la relaxe pure et simple de leurs clients, en argumentant que l'arrestation est non fondée. « Nos clientes ont été arrêtées chez elles, un lieu privé. Certaines en train de dormir et d'autres en plein dîner ».

 

Le tribunal correctionnel délibérera le vendredi 13 février prochain. L'âge des sept femmes varie de la vingtaine à la quarantaine. Le parquetier a précisé que les trois chefs d'inculpation sont fondés sur tous les suspects. Les avocats de la défense ont démontré que les infractions ne sont pas fondées et ont demandé la relaxe de leurs clients. Le tribunal correctionnel de Moroni devra maintenant statuer sur le sort de ces dix personnes. La décision sera rendue vendredi 13 février prochain.

 

El-Aniou Fatima


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