Mercredi 18 février la Cour d'assise de Moroni a déclaré Mohamed Soilihi, un jeune de 20 ans, coupable des faits d'agression sexuelle sur une mineure de 9 ans. Bien que le procureur général eût sollicité au président de la Cour d'assise une peine de 20 ans, le jeune homme originaire de Dimadjou n’aura écopé que de 4 ans de prison ferme et une amande de 1 million de dommages et intérêts.
Mohamed Soilihi de la région de Dimadjou a comparu mercredi 18 février devant la Cour d'assise de Moroni pour les faits d'agression sexuelle sur une fillette de 9 ans. Les faits qui lui sont reprochés remontent en novembre 2023-2024. Le teint noir foncé, il portait un pantalon noir fleurie en forme ronde, un tricot blanc personnalisé « PARIS » avec le numéro vingt-trois au dos et un bonnet orange sur sa tête, laissant voir ses cheveux crépus. Devant la Cour d'assise, l'accusé a nié les faits qui lui sont reprochés. Pour se défendre, il a expliqué que lui et sa victime sont unis par le lien du sang et qu'il la considère comme sa « sœur ». « Son père et le mien ont des liens de parentés. Ils sont cousins. Je la considère comme une sœur », a-t-il tenté de se blanchir.
Ainsi, il a décrit la chambre à coucher de la mineure, en expliquant que « le lit de sa chambre est de trois places. Il se situe à gauche, à quelques pats de la porte ». La partie civile, Hikma (nom d’emprunt que nous attribuons à la victime pour protéger son identité, Ndlr), pudique, elle a relaté son histoire d'une voie basse, tête baissée, sans le microphone. Vêtue d'un large pantalon noir, une longue chemise bleue jusqu'aux genoux, un châle vert et des baskets noirs. Devant le président de la Cour d'assise, Hikma a affirmé que Mohamed Soilihi a éjaculé sur ses cuisses, en l'absence de ses parents à la maison. Un acte auquel le mis en cause s’est adonné au moins trois fois. « Ce jour-là, ma mère était hospitalisée. J'étais seule à la maison. Mohamed m'a allongé sur mon lit et a frotté son pénis sur mes cuisses jusqu'à éjaculation », en précisant qu’il l'a menacée de refaire la même chose à ma petite sœur si j’osais en parler. « Et un autre jour, il m'a encore refait la même chose », se remémore la victime, ajoutant que « la troisième fois, il m'avait attachée les pieds contre mon lit et m'a enfoncé un tissu dans la bouche. Quelques jours plus tard, j'ai tout raconté à mon père ».
Au terme des débats, l'avocat de la partie civile, Me Fahardine Abdillah a mis l'accent sur l'âge mineur de sa cliente et la gravité de l’acte criminel qu'elle a subi. A la fin de sa plaidoirie, l'avocat a demandé à ce que la loi soit appliquée le plus sévèrement possible pour la protection et la sécurité de sa cliente et également pour toute la société. « Que la loi soit appliquée afin de servir de leçon pour Mohamed et pour tous afin de pouvoir vivre dans une société paisible » a-t-il plaidé. Me Abdillah s'est abstenu sur les intérêts civiles et sur des dommages d’intérêt. « Nous ne voulons pas d'argent. Nous demandons à ce que la loi soit appliquée », a-t-il conclu.
Dans son réquisitoire, le procureur général a sollicité à ce que l'accusé soit déclaré coupable des faits d'agression sexuelle sur Hikma et une peine de 20 ans, en mettant l'accent sur l'acte criminel commis par l'accusé. Quant à l'avocat de la défense, il a souligné « l'absence totale » de l'infraction, expliquant que « nous avons deux déclarations contradictoires. L'un nie et l'autre affirme. Il y a le doute. En cas de doute, mon client a droit au bénéfice du doute ». Il ajoute : « nous devons recourir à un test ADN comme partout dans le monde. Sans cela beaucoup d'innocents sont injustement privés de leur liberté ». L'avocat a demandé l'acquittement de son client au bénéfice du doute. Après deux heures d'attente, la cour d'assise de Moroni a déclaré l'accusé coupable et l’a condamné à de 4 ans de prison ferme et une amande de 1 million de dommages et intérêts.
El-Aniou Fatima
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